Le groupe Abengoa, menacé par un dépôt de bilan, vend ses usines d’agrocarburants

Crédit Agricole, Pôle AgroAlimentaire

Le groupe Abengoa, menacé par un dépôt de bilan, vend ses usines d’agrocarburants

Abengoa, groupe d’ingénierie et également exploitant de centrales solaires et d’usines d’agrocarburants, risque de devenir la plus grande faillite d’Espagne.

Il a en principe jusqu’à fin mars pour trouver une solution. Dans ce contexte, le groupe cherche à vendre son activité d’éthanol et d’agrogazole (capacités respectives de 2,1 et 0,2 Mt, CA pour l’ensemble : 2,1 Mds € en 2014). Abengoa est le premier producteur d’éthanol carburant en Europe, le 5e aux États Unis, plus marginal au Brésil et le 7e mondial. Il a ouvert en octobre 2014 la seconde unité d’éthanol cellulosique créé aux États-Unis. Il possède une usine d’éthanol de maïs en France, à Lacq, où un investissement dans l’éthanol cellulosique est également envisagé.

Commentaire

Les agrocarburants d’Abengoa sont en vente depuis quelques mois. Le groupe aurait reçu des offres pour 1 Md €, en particulier pour les unités d’Europe et des États-Unis qui intéresseraient des fonds d’investissements. Ceci s’inscrit dans un contexte mondialement peu porteur pour les agrocarburants et surtout l’éthanol. L’Europe et les États-Unis ont confirmé en 2015 le soutien réglementaire dont bénéficie la production existante, mais il n’est plus vraiment question de développer la « première génération », à base de céréales, huiles ou sucre, qui concurrence les usages alimentaires et pèse sur les besoins en terres au niveau mondial, tout en rencontrant fréquemment l’opposition du secteur pétrolier. Seule la « deuxième génération », à base de produits de récupération ou non alimentaires, comme l’éthanol cellulosique, profite encore d’un soutien important, mais est loin de la viabilité. L’éthanol pourrait cependant gagner du terrain en cas de repli du diesel en Europe. La baisse du prix des produits agricoles depuis 2012 aurait pu renforcer les marges de cette industrie, mais cet avantage a été gommé par la chute du prix du pétrole. 

Abengoa Bioenergy France (chiffre d’affaires 172 M€, en pertes récurrentes) avait en 2015 un projet pour l’ouverture d’une nouvelle unité d’éthanol cellulosique (à base de paille de blé et de cannes de maïs), pour 200 M€. Les modalités de financement n’étaient pas publiées. L’unité similaire d’Abengoa dans le Kansas (70 kt) a pour l’instant très peu produit. Elle est arrêtée depuis novembre 2015, pour des raisons qui sont peut-être financières, mais il est aussi question de difficultés techniques. La cession globale des actifs d’Abengoa débouchera peut-être sur une vente par appartements : on peut s’interroger sur le rôle futur de l’actionnaire minoritaire (24,5 %) de l’usine de Lacq, Océol, qui rassemble les coopératives approvisionnant le site : Maïsadour, Euralis, Vivadour et Lur Berri.

Retrouver tout le dossier :   PRISME – L'analyse de la conjoncture agricole et agroalimentaire du Crédit Agricole

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