Le groupe Unicor fête ses 20 ans : Une aventure humaine et collective»

Eva DZ

Le groupe coopératif Unicor fête ses 20 ans. L'occasion pour son président Bernard Cazals et son directeur général Yves Bioulac, de retracer les grandes étapes de cette UNIon des COopératives Régionales et ses projets.

- Comment est né le groupe Unicor ?

Bernard Cazals : «Unicor est née des fusions et unions de coopératives successives après la Seconde Guerre mondiale. La CARM (coopérative agricole de Recoules et de Mende), la CAV (coopérative agricole de Villefranche), la CASAM (coopérative agricole St Affrique Millau), la COPAS (coopérative agricole du Ségala) et la Cadauma (coopérative agricole d'achat et d'utilisation de matériel de l'Aveyron) sont à l'origine du groupe Unicor. Les rapprochements successifs des groupements de producteurs de ces coopératives ont amené à créer Unicor.

- Quelles ont été les étapes clés dans la construction du groupe ?

Bernard Cazals : En 1977, les groupements de producteurs ovins et bovins s'unissent. Puis au début des années 80, les coopératives se sont liées dans Union Sud Aliment pour fournir aux adhérents l'alimentation de leurs animaux. C'est en 1991 que les coopératives CARM, CASAM, CAV, COPAS et Cadauma, qui rencontrent pour certaines des situations financières difficiles, décident d'unir leurs moyens, leur personnel et les actifs. Elles avaient beaucoup de points communs. Nos administrateurs, depuis 20 ans, défendent l'agriculture aveyronnaise et ont tous une âme de syndicaliste. Ils se veulent responsables d'un développement collectif sur le territoire, l'envie d'être plus efficaces sur les prix des phytos, des intrants, des engrais, sur la valorisation des produits en apportant avant tout un conseil et un accompagnement aux agriculteurs. La fusion est définitive en 1994. L'esprit n'était pas à la concurrence mais bien à l'union des forces. Plusieurs séminaires de réflexion ont été organisés avec les membres des conseils d'administration des coopératives. De plus, ces coopératives ont fondé ensemble Centre Sud, un projet partagé qui a fédéré les équipes et les groupements de producteurs départementaux. Enfin, les crises de 1993 - 1994 suite à la première réforme de la PAC ont fragilisé l'agriculture de la région et ont incité les outils au service de la profession à mettre en commun les forces des coopératives.

- Avez-vous rencontré des difficultés ?

Bernard Cazals : Tout n'a pas été simple en effet. Mais des administrateurs, dont Jean-Louis Souquet, ont mis en avant des arguments : l'union est inéluctable, c'est la seule façon de s'en sortir. Cette entente entre coopératives a de plus été soutenue par le syndicalisme agricole. Globalement tout s'est réalisé dans de bonnes conditions. Le groupe est reparti dans une logique de progrès et d'avenir.

- Comment s'est organisé ce regroupement ?

Bernard Cazals : André Lacombe fut le premier président. Je l'ai remplacé en 1999 lorsqu'il a pris sa retraite. J'étais alors administrateur de Cadauma depuis 1981 et j'avais participé à la fusion entre la CAV et Cadauma. En 1991, chaque coopérative avait gardé son conseil d'administration puis en 1994, Unicor a formé un seul conseil avec des administrateurs représentatifs de tous les territoires et des productions organisées. Jean Faliez a alors pris la direction. Avec André Lacombe, ils ont été fédérateurs que ce soit au niveau des administrateurs comme au niveau des salariés, autour du groupe Unicor. Leur gros travail a été d'unifier, de pacifier et de conforter l'outil. Leur tâche n'a pas toujours été simple, des plans d'économie ont dû être mis en place. C'est aussi à ce moment là que nous avons commencé à rénover notre réseau de magasins. Les premiers magasins de libre-service agricoles avaient vu le jour en 1977. Nos magasins, dont les sites étaient déjà existants dans les coopératives de base, ont été rénovés pour s'ouvrir au grand public tout en permettant aux agriculteurs de se sentir toujours chez eux.

- Depuis cette union des coopératives, quelle a été l'évolution d'Unicor ?

Bernard Cazals : Nos groupements de producteurs ont nettement progressé. En bovins, nous sommes passés de 20 000 animaux commercialisés par an à 55 000 aujourd'hui. En ovins, le développement de la filière a permis de compenser l'érosion de la production. Le groupe produit toujours autant d'agneaux mais les cheptels ont diminué de 30% sur la région. La production de canards gras reprend des volumes. Le potentiel de développement est encore important. Nous avons ainsi participé à la construction de La Quercynoise dans le Lot. De son côté, le vignoble de l'AOC Marcillac a repris vie grâce à la coopérative avec des programmes de plantation de vignes. La force de cette union est de garder des responsabilités décentralisées, chacun se sent responsable, la coopérative des Vignerons du Vallon avec son bel essor en est un bel exemple.

- Quelles sont les pistes d'avenir d'Unicor ?

Yves Bioulac : Le développement durable, principe même de la coopération est un atout à valoriser pour nos produits, pour nos territoires. Notre fonctionnement est basé sur cette notion autour des services de proximité, des prix et des conditions identiques sur l'ensemble du territoire de la coopérative et de la promotion des produits de qualité des terroirs via les nombreux signes officiels de qualité. Unicor oeuvre pour créer de la valeur ajoutée sur notre territoire, pour conforter les agriculteurs, pour créer des emplois. Unicor s'inscrit dans un développement en croissance. Nous voulons construire une image qui donne envie aux jeunes de consolider et de développer notre activité. Le développement durable est d'ailleurs le thème de notre anniversaire. Nous rappellerons que l'union fait la force des régions mais aussi des agriculteurs, des filières avec une offre rassemblée, contractualisée, différenciée et promue collectivement.

- Pourquoi fêter les 20 ans du groupe ?

Bernard Cazals : 20 ans c'est juste une génération. Notre groupe est le fruit du travail et de l'engagement des générations précédentes qui ont accumulé des savoirs, des talents que les jeunes peuvent utiliser aujourd'hui. En deux générations, un outil au service des agriculteurs d'une grande région s'est mis en place. Parce que les temps sont plus difficiles, c'est l'occasion de s'appuyer sur le groupe, de faire valoir les solidarités entre agriculteurs et salariés de la coopérative et du groupe Unicor mais aussi les synergies entre les productions et les territoires, et de faire émerger et consolider les relations entre les différents secteurs d'activités du groupe.

Yves Bioulac : 20 ans c'est le bel âge, l'occasion de lancer des projets, de relever des challenges, de découvrir, d'innover,... en associant les administrateurs, les adhérents et les salariés. Nous avons aujourd'hui une centaine de sites, les acteurs de la coopérative, qu'ils soient agriculteurs adhérents ou l'ensemble du personnel ont peu l'occasion de se rencontrer. Il est important de communiquer sur la dimension du groupe même en interne pour réaffirmer la force du collectif. Nous mettons d'ailleurs en place une charte Alliage, qui met en avant la fidélité de nos adhérents.

Source La Volonté Paysanne

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