Le maillon discret de la filière laitière sillonne les petites routes la nuit

R. Saint-André

Depuis bientôt dix ans, Pascal Gardes collecte le lait des fermes du Cantal adhérentes à la coopérative Volcalis. Souvent seul, il travaille quand tout le monde dort.

C'est le prix du foncier qui a découragé Pascal Gardes de s'installer auprès de son père à Vézac. Attaché au monde agricole, il a choisi d'intégrer à sa manière une filière. Celle du lait. Depuis neuf ans, il est “chauffeur-ramasseur” pour la coopérative Volcalis. Il est un des rares collecteurs à connaître toutes les tournées. Alors, au pied levé, il peut remplacer n'importe quel collègue. Ce soir, ce “chef d'équipage de la zone sud” part à 19 heures de Ladinhac. Il sillonnera de nuit tout le canton de Montsalvy et dépotera deux fois à l'usine 3A de Saint-Mamet. Plus que les circuits, il connaît aussi par coeur le camion. Son gabarit avec sa remorque, ses marches arrières délicates, ses capacités à faire demi-tour dans une cour de ferme. “Qu'ils appartiennent à des privés ou à la coopérative, les camions sont changés tous les cinq ans. Ils ont alors en moyenne 650 000 km”, précise-t-il. C'est vrai qu'ils tournent beaucoup. Sept jours sur sept, quatre chauffeurs se relaient en général 20 heures sur 24.

Tournées inégales

“En Châtaigneraie, on est vite plein. Parfois, moins de dix producteurs suffisent à remplir la cuve du camion de 11 000 litres et celle de la remorque de 16 000 litres. En montagne, il arrive qu'après être passé dans 20 fermes, je ne sois toujours pas plein”, sourit le collecteur. Quel que soit le volume, les gestes sont les mêmes. Pascal enregistre d'abord le litrage, grâce au compteur électronique du tank à lait, ou avec un mètre plongé dans la cuve. Il connecte ensuite le tuyau qui relie les cuves et à travers lequel 600 litres seront avalés chaque minute. Un peu de lait sera prélevé dans des échantillons, servant à la traçabilité sanitaire et au paiement du lait à la qualité. Puis Pascal se chargera de lancer le nettoyage du tank, prêt à recevoir le lait de la traite du matin. Le ramasseur ne voit pas souvent les producteurs. Un peu en début de tournée. Ceux-ci ne tarissent pas d'éloges à son égard. Au Gaec Lhermet-Chausy, à Ladinhac, Michel Raymond souligne la régularité et le sérieux des collecteurs. P. Gardes ne verra pas grand monde non plus lorsqu'il ira dépoter. Un coup de fil pour s'assurer qu'il livre ce qui servira aux fabrications au lait cru. Une analyse de cuve et le camion se vide. Pendant ce temps, le chauffeur-ramasseur range soigneusement les échantillons en chambre froide. Le Lial viendra les récupérer pour analyse. Mais notre collecteur ne croisera pas les gens du laboratoire. Il a d'ailleurs déjà repris le volant.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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