Le marché foncier auvergnat en pleine déroute

S. Giraud

Pour la première fois, le marché agricole accessible à la Safer est passé sous la barre des 15 000 ha l'an dernier.

Sans précédent, c'est le qualificatif qui caractéristique l'effondrement du marché foncier en 2009. L'Auvergne n'échappe pas à cette chute vertigineuse constatée sur l'ensemble du territoire français, comme l'a expliqué Gilbert Allard, directeur de la Safer Auvergne, à l'occasion de l'assemblée générale de la structure : “Avec 8 074 notifications en 2009, la Safer a vu ses transactions baisser de 16 % et pour la première fois, le marché agricole accessible est passé sous la barre des 15 000 ha”. La crise économique, incitant les propriétaires à conserver leur bien, explique cette fermeture du marché. Le département de l'Allier a connu le repli le plus important avec des acquisitions en chute de 50 % et un marché en recul de 33 % en volume et en valeur. Dans le Cantal, avec 456 tran-sactions, le volume des surfaces a diminué de 11,8 %. En Haute-Loire, le marché reste restreint mais stable entre 1 600 et 2 000 ha, et les valeurs se sont maintenues. En 2009, seul le département du Puy-de-Dôme a vu ses surfaces augmenter de 7,5 %, plaçant le marché agricole autour des 4 000 ha. Cette donnée est toutefois à tempérer puisqu'actuellement, on assiste à une chute de 40 % des surfaces sur le marché puydômois.

Confirmation de la baisse des prix

L'indice d'évolution des prix 2008/2009 sur le marché des terres et prés libres non bâtis est stable (+ 1 %). Cependant, parmi les 15 petites régions agricoles d'Auvergne où cette évolution est mesurée, six connaissent une baisse des prix. Une première ! Il s'agit du bocage bourbonnais (- 3 %), du Val d'Allier (- 2 %), du Cantal Artense (- 1 %), de la Châtaigneraie, du bassin d'Aurillac (- 8 %), des Dômes Cézallier et de la Limagne agricole (- 3 %). Il paraît donc évident que le virage pressenti en 2008 se confirme et qu'une inversion de tendance se manifeste. Depuis 2008, des zones de déprise s'agrandissent et de nombreux projets à la vente restent sans candidat. Parmi les zones concernées, on trouve dans le Puy-de-Dôme, toutes les zones limitrophes avec la Corrèze et la Creuse (Cézallier, Artense, Combrailles et Combrailles Bourbonnaises), entre le Cantal et la Haute-Loire (zone ouest du Brivadois, du Cézallier et de la Margeride).
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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