Le ministre de l'Agriculture à l'écoute

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Le ministre de l'Agriculture à l'écoute
Les représentants de la section viande bovine de la FRSEA ont décrit « une situation extrêmement grave », Brice Guyeau (à gauche) n’a pas manqué d’interpellé le ministre sur ce sujet.

Vendredi dernier la section viande bovine de la FRSEA des Pays de la Loire, la FDSEA 85 et JA ont profité de la venue de Stéphane Le Foll pour l’inauguration du site de méthanisation de Mortagne-sur-Sèvre en Vendée pour obtenir une entrevue de 30 minutes sur les sujets d’actualité.

Le nombre de gendarmes déployés pour l’inauguration du site de biométhanisation de Mortagne-sur-Sèvre pouvait laisser penser que le ministre de l’Agriculture craignait des débordements lors de sa venue vendredi matin… Il n’en a rien été. Du côté de la FDSEA 85, l’objectif n’était pas de parasiter l’inauguration de ce projet riche d’innovation, porté par des collègues agriculteurs. Par contre, la FRSEA des Pays de la Loire, la FDSEA 85 et les JA ont profité de la venue du ministre pour obtenir une entrevue d’une demi-heure avec lui de manière à l’interpeller sur les sujets d’actualité. Viande bovine, traitements phytosanitaires, eau, phosphore, installation, PAC, tous ces sujets, au cœur des préoccupations des agriculteurs vendéens, ont été remontés avec insistance.

Dégradation rapide de la conjoncture viande bovine

La situation catastrophique de la filière viande bovine est telle que la moitié du temps de discussion a été consacré à ce sujet. Mickaël Trichet, président de la section viande bovine de la FRSEA et responsable viande bovine de la FNSEA 44 a décrit « une situation extrêmement grave ». Il a demandé au ministre « des solutions d’urgence à très court terme. » Sur le terrain, la situation est très préoccupante, « aujourd’hui, les cases des engraisseurs restent vides face à un prix de la viande ne permettant pas de couvrir les charges. Les naisseurs-engraisseurs préfèrent vendre les animaux à 8 mois que de les engraisser. Ce n’est plus possible ! Il en va de la pérennité des emplois dans la région. »
Tous plaident pour une relance de l’export et un meilleur accompagnement du commerce à l’international par les Pouvoirs publics. En effet, les clés des marchés en croissance (Chine, Turquie, Maghreb) sont souvent liées à un contexte géopolitique qui dépasse le cadre de la filière viande bovine. Les Pouvoirs publics ont donc un grand rôle à jouer pour accompagner l’export. « Nous demandons une meilleure synergie des différents services des Pouvoirs publics au plan national pour que les échanges entre la France et les pays tiers soient facilités. » À cette question, le ministre a répondu favorablement en annonçant la tenue d’une cellule interministérielle dès cette semaine au sujet de l’export.

Pas de distance d’épandage

L’autre question du moment était celle des distances d’épandage autour des habitations proposées par Ségolène Royal. La mobilisation du réseau avait été forte depuis plusieurs semaines pour dénoncer cette position idéologique, sans fondement scientifique. Le ministre de l’Agriculture a reconnu une erreur de langage et a affirmé « qu’il n’y aurait aucune distance d’épandage de produits phytosanitaires obligatoire autour des habitations. » Des systèmes de prévention pourront être prévus dans le cadre d’écoles ou de lieux sensibles « mais un pulvérisateur aux normes, avec une buse anti-dérive, suffira à remplir les conditions prévues par la loi ».

PAC : toujours la question des actifs

Enfin, concernant la PAC, la sensibilisation du ministre aux enjeux de la transparence et des inégalités entre exploitations a de nouveau été remontée par les responsables syndicaux. Les divergences de discours entre la Commission européenne et le ministère de l’Agriculture laissent à penser que ce sujet épineux des actifs est loin d’être résolu. « Sans parler des EARL qui pourraient passer en Gaec, il y a aussi de nombreux Gaec qui ont moins de parts PAC que d’associés. Comment sera appliquée la transparence après 2015 dans ces cas ? » a interrogé Mickaël Trichet. « Attention aux conséquences d’une PAC qui ne tient pas compte des actifs. Elle serait contraire aux ambitions portées par le gouvernement d’une PAC en faveur de l’élevage ! ». Ce sujet, crucial dans l’application de la réforme de la PAC, reste porté par la FNSEA, JA et toutes les associations spécialisées au niveau national et européen.

Mathilde Vionnet

Agribiométhane : une première dans l’Ouest
Depuis le mois d’avril 2014, le site Agribiométhane produit du gaz vert qui est injecté dans le réseau de ville de Mortagne-sur-Sèvre. Une première dans l’ouest. Les 10 agriculteurs qui gravitent autour de projet (4 exploitations) ne se doutaient pas qu’un jour ce serait le ministre de l’Agriculture, en personne, qui viendrait inaugurer leur site. Depuis vendredi 20 juin, c’est chose faite. Stéphane Le Foll, mais aussi Guy Vasseur, président de l’APCA, Xavier Beulin, président de la FNSEA, Christophe Lambert, président du conseil national CER France, et Bruno Retailleau, président du conseil général de la Vendée, se sont rendus dans cette première unité d’injection de biométhane. L’occasion de rappeler la volonté de l’État de développer d’ici 2025 1 500 méthaniseurs en France. Aujourd’hui, 140 existent et près de 300 projets sont en cours.
Quel est le principe de cette unité ?
Il est simple. Le site regroupe des effluents d’élevage (soit 16 000 m3) et des sous produits alimentaires (6 000 m3) qui passent dans un digesteur. De là, ils se transforment, d’un côté, en digestat (80 % épandage sur les terres et 20 % partent en compostage pour fabrication d’engrais organique) ; de l’autre, en biogaz, qui est épuré puis introduit au réseau de gaz GRDF, permettant ainsi de chauffer 1 500 habitants (500 foyers). Pour Damien Roy, son président et agriculteur faisant partie du projet, ce n’est qu’une première étape, car on pourrait, un jour, voir circuler en Vendée le premier bus alimenté avec du biométhane produit sur le site de Mortagne-sur-Sèvre.

Delphine Bisson

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