Le modèle agricole français "en danger" selon les producteurs de maïs (AGPM)

Le modèle agricole français "en danger" selon les producteurs de maïs (AGPM)

Les quelque 100.000 producteurs de maïs en France souhaiteraient obtenir plus de sécurité face aux aléas climatiques et économiques qui se multiplient, fragilisent leur filière "porteuse d'emplois"et mettent "en danger", selon eux, le "modèle agricole français".

"Nous demandons un vrai plan agricole européen, avec un budget adapté, passant par plus de flexibilité", a déclaré à la presse le président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), Daniel Peyraube, lui-même exploitant agricole à Mont-de-Marsan, dans les Landes. "La politique agricole commune d'aujourd'hui ne permet pas de répondre aux aléas climatiques et économiques" qui se multiplient, a-t-il ajouté, ce qui est dommageable puisque l'UE ne produit pas suffisamment de maïs pour sa propre consommation et doit importer chaque année quelque 10 millions de tonnes. 

L'an dernier, malgré de très mauvaises conditions climatiques, les producteurs français de maïs sont parvenus à maintenir un rendement moyen de 89 quintaux par hectare, au lieu de 90 en 2015, mais avec des disparités régionales très importantes, liées à la présence d'irrigation ou non. L'Alsace, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Aquitaine ont pu maintenir des rendements relativement élevés, essentiellement grâce à l'irrigation, tandis que l'Ile-de-France, la Bretagne, ou les Pays-de-Loire ont décroché.

"L'irrigation a été la meilleure assurance, c'est ce qui a été visible cette année", a indiqué Gilles Espagnol, de l'institut Arvalis, au cours de cette conférence de presse. Mais l'ensemble de la profession "est en souffrance" et il faut que les pouvoirs publics s'en rendent compte, a dit M. Peyraube, car nous représentons une filière "créatrice d'emplois". Il s'est déclaré très attaché à l'emploi de jeunes, souvent étudiants, dans les champs pour les opérations de sélection des maïs de semences.

Développer l'irrigation

Pour M. Peyraube, "un vrai plan agricole européen" passe par "plus de flexibilité" et un accompagnement des agriculteurs pour le stockage et la gestion de l'eau. "C'est primordial" a-t-il dit. "Il faut construire des ouvrages pertinents pour répondre à cette problématique et afin d'asseoir notre modèle agricole qui est en danger".

"Sur la politique de l'eau, nous sommes sur une rupture actuellement en France. Or, si on regarde dans l'histoire, les Romains avaient fait des installations colossales pour l'irrigation et, si on regarde la géographie, certains pays relèvent très bien ces défis, comme l'Espagne", a dit M. Peyraube. Face aux aléas climatiques, qui s'ajoutent à la baisse des cours pour la quatrième année consécutive, et à la concurrence accrue de maïs d'importation à prix bas (sur lesquels ne pèsent pas les mêmes réglementations que sur le maïs français), l'AGPM souhaite une amélioration du système d'assurance-récolte. Elle soumet ainsi neuf propositions, dont un abaissement à 20% du seuil de déclenchement de la franchise, et le maintien d'un taux de subvention à 65% des assurances pour tous.

En 2016, seulement 26% des surfaces de "grandes cultures" (blé, maïs, soja..) étaient assurées en multirisque, soit le même niveau que 2015, a précisé Matthieu Caldumbide, directeur-adjoint de l'AGPM. En maïs, les deux secteurs les plus "assurés", sont celui de la production de maïs doux (destiné à la consommation humaine, NDLR), assuré à 90%, et celui de la production de semences, à 75-80%, qui sont très encadrés et accompagnés par les coopératives, relevant aussi souvent d'une contractualisation.

Mais ce sont des filières confidentielles en termes d'hectares cultivés, à savoir 20.000 pour le maïs doux, et 65.000 pour les semences, selon l'AGPM. L'AGPM demande aux assureurs de mieux valoriser la gestion de l'eau et de faire des remises pour les parcelles irriguées, qui ont beaucoup moins de risques de mauvaises récoltes. "Nous prenons le pari qu'en augmentant les garanties, on augmentera le taux d'adhésion" aux assurances, a ajouté M. Caldumbide.

Source AFP

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Commentaires 1

Farmer45

Mr peyraude prenait votre retraite nous ne somme pas dans un monde de bisounours. Le stockage de l eau ce que les romains ont accomplis en terme d irrigation pourquoi pas ressortir le Minitel face à internet Notre agriculture n est pas compétitives et quand a l'irrigation ca devient du luxe par rapport au coût de l'électricité faite les calculs.....

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