Le muscadet au Zénith

Catherine Perrot

En cette soirée de spectacle (Laurent Gerra, 13 décembre), deux domaines assuraient le service au bar : Nathalie et Jean-Paul Sauvaget, du domaine Topaze de Monnières, et Marie-Françoise et Bruno Cormerais, de Saint-Lumine de Clisson.
En cette soirée de spectacle (Laurent Gerra, 13 décembre), deux domaines assuraient le service au bar : Nathalie et Jean-Paul Sauvaget, du domaine Topaze de Monnières, et Marie-Françoise et Bruno Cormerais, de Saint-Lumine de Clisson.

Depuis octobre dernier, au Zénith de Nantes métropole, les Vignerons ambassadeurs du muscadet tiennent un bar les soirs de concert.

«Il se passe toujours quelque chose à Nantes ». En ce soir de décembre, l’imitateur Laurent Gerra, qui est sur la scène du Zénith, fait un constat que bien d’autres artistes ont fait avant lui : il y a, à Nantes, un public, un enthousiasme, une ambiance, que l’on ne retrouve que très rarement ailleurs.
Pas étonnant, donc, que le Zénith de Nantes métropole, qui est le deuxième Zénith français en termes de fréquentation après celui de Paris, ait mis en place une initiative dont le principe est unique en France : un bar à vins tenu par des vignerons locaux ! « Pour toute l’équipe qui anime le Zénith de Nantes métropole, il est important de bien s’insérer dans le tissu économique local », affirme Denis Turmel, le directeur du Zénith. « Le bar à muscadet, c’est de la valeur ajoutée pour nous aussi ! »
La collaboration entre le muscadet et le Zénith ne date pas d’hier : dès 2007, l’interprofession des vins de Nantes avait signé un accord pour que de belles cuvées représentant l’appellation soient offertes aux artistes et servies lors des soirées club entrepreneurs. En 2010, une cuvée spéciale estampillée Zénith avait même été créée.
Mais en 2011, la collaboration devient plus étroite entre l’équipe d’Interloire et celle du Zénith : l’idée se fait jour de créer un bar à muscadet au cœur du grand hall. L’emplacement est mis gracieusement à la disposition de l’interprofession. Seules lui incombent la décoration du bar, puis, bien sûr, son animation.
Côté déco, Interloire a misé sur une ambiance moderne, très design, assortie aux couleurs du lieu. Tout y est noir et orange, plutôt sobre, mais suffisamment « voyant » pour que le lieu, ouvert depuis le 23 octobre seulement, soit déjà devenu « un point de rencontre ». « On se retrouve au bar à muscadet, sous les lumières orange » entend-on à présent fréquemment dans les allées du Zénith.

Côté animation, là encore, Interloire a joué sur la simplicité, en misant sur ses valeurs sûres : ses vignerons ambassadeurs. Pour chaque soirée programmée, deux d’entre eux ont été sollicités. « Ce sont des vignerons qui servent leur propre vin et là est toute la différence avec un autre bar » confie Denis Turmel.
Pour ces vignerons, l’objectif n’est pas de faire leur propre promotion, – « Peu de gens reviennent ensuite dans nos caves » reconnaît Joël Forgeau, qui a tenu le bar pendant le spectacle d’Hubert-Felix Thiéfaine, – mais bien de jouer la promotion collective du muscadet, auprès d’un public très diversifié et nombreux (300 000 spectateurs passent chaque année par le Zénith de Nantes).
Le public d’ailleurs semble plébisciter l’initiative : déjà 4 000 verres ont été servis en une quinzaine de dates, avec des fortunes diverses selon les spectacles (lire ci-contre). Fait remarquable, ce sont les femmes qui fréquentent le plus le bar à muscadet, séduites par le design du lieu et bien sûr par le vin – dont elles veulent souvent s’assurer que c’est bien un vin blanc « sec » ! Pour 2012, au moins trente dates sont programmées. Une extension du bar est même prévue, avec l’aménagement de tables-tonneaux pour plus de confort et de convivialité.

Qui fait vendre le plus de muscadet ?

Le muscadet n’est pas un vin de jeunes ? Erreur ! Les spectateurs de Jamiroquaï et de Lenny Kravitz l’ont plutôt plébiscité, alors que ceux de Charles Aznavour l’ont complètement boudé ! Toutefois, pour brouiller un peu plus les pistes, les jeunes groupies de James Blunt n’ont guère fréquenté le bar à muscadet ; tout le contraire des fringants sexagénaires d’« Âge tendre et tête de bois », qui ont été les deuxièmes meilleurs consommateurs, les artistes, tels Demis Roussos ou Peter et Sloane, ne se privant pas non plus de venir au bar. « Ce qui compte peut-être autant que la programmation, c’est la configuration du spectacle, avec ou sans entracte, et la possibilité de circuler », commente le directeur du Zénith. Très bons consommateurs également de muscadet : les amateurs de heavy-métal du concert de Motörhead. Mais la palme de la consommation revient aux fans authentiques et fidèles d’Hubert-Felix Thiéfaine !
Sont programmés, pour l’année prochaine, des concerts, des comédies musicales, des spectacles familiaux et même, campagne présidentielle oblige, des meetings politiques ! Pour l’heure, seul Mélanchon est officiellement attendu, mais nul doute que les principaux candidats politiques passeront par le Zénith de Nantes. Alors, qui de Hollande, Sarkozy, Bayrou ou Joly fera vendre le plus de muscadet ? Qui acceptera de se faire prendre en photo un verre à la main ? Les paris sont ouverts !

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier