Le pari de l’engraissement

Rédaction Vendée agricole

En 2005, suite au regroupement de deux cheptels, Gilbert Simon, François et Damien Lucas construisaient un bâtiment pour 90 vaches et 90 JB. En avril dernier, ils décident d’agrandir une stabulation pour loger 90 taurillons supplémentaires. Reportage à la Chapelle-Achard en Vendée.

Investir en viande bovine et agrandir un atelier engraissement, est-ce toujours une priorité dans les élevages allaitants vendéens ? Les cours de la viande qui ont contraint des éleveurs à décapitaliser en 2011 et l’attractivité du prix des céréales en 2012 pourraient rebattre les cartes du choix des productions. Pour les associés du  Gaec «Noémie»,  la viande bovine demeure une carte maîtresse et le capital de confiance pour l’engraissement des trois éleveurs, n’est pas entamé. «On ne peut pas changer de production comme on change son fusil d’épaule, surtout en  viande bovine et dans le bocage » estime Gilbert Simon. Dans cette exploitation qui s’étend sur 150 hectares aux portes de la zone industrielle de la Chapelle-Achard, ces éleveurs estiment aussi «qu’ils n’ont pas la surface et les terres pour tirer de bons rendements de productions céréalières. »

Dans leur assolement, 35 hectares sont réservés à des triticales qu’ils échangent sous forme de soulte avec de l’aliment de la Cavac. Les 2/3 assurent les fourrages de leur élevage avec 35 hectares de maïs ensilage et 84 ha de prairies temporaires. Le brassage des cartes n’est donc pas à l’ordre du jour. «Notre exploitation convient bien à l’élevage. Notre système fourrager est sécurisé par l’irrigation avec une retenue de 65 000 m3. Sans la possibilité d’irriguer, nous n’aurions pas fait le choix d’investir dans l’engraissement» confie François.

Marges garanties

Au-delà des limites de l’évolution de leur assolement, c’est aussi la rentabilité du système qui les motive.  Dans leur décision de passer de 90 à 180 taurillons dont 130 achetés en broutards, ces éleveurs mettent en avant le coup de pouce du groupement viande bovine de la Cavac.  Déjà en 2006, leur investissement de 301 600 € pour un nouveau bâtiment s’était concrétisé grâce au plan élevage de la coopérative.  « Les avances de trésorerie de 1000 € à taux zéro pour l’achat de broutards et les marges garanties pour les taurillons ont été déterminantes » reconnaissent les éleveurs.

La marge garantie a joué en leur faveur pendant 5 ans. Cette année, avec un cours du JB à 4 €, c’est à leur tour d’abonder la caisse de sécurisation du groupement. «Nous avons été bénéficiaires, c’est un juste retour » reconnaît François.

Pour leur nouvel investissement de 74 000 € -un prolongement de la stabulation des taurillons- ils bénéficient à nouveau d’avances de trésorerie à taux zéro et de marges garanties. « En 2005-2006, lors de la construction de notre nouveau site, nous avions déjà envisagé  la possibilité d’agrandir la stabulation pour augmenter le nombre taurillons. »

La marge garantie a-t-elle changé leur conduite d’élevage ? «Avant, on vendait nos taurillons plus lourds. Avec la marge garantie, ça ne sert à rien de les pousser au-delà de 450 kg, ce système ne fonctionne plus. On a ainsi pu gagner trois mois d’élevage » souligne François.

Ont-ils le sentiment que le métier d’éleveur comporte encore trop de contraintes ? «La mise aux normes et le regroupement sur un seul site d’un bâtiment pour les vaches allaitante et un bâtiment pour engraissement a apporté du confort de travail. » Au bout du compte, ils ne se plaignent pas et estiment bien vivre de l’engraissement.

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