Le plan de chasse abrogé “par souci d'apaisement”

P. OLIVIERI

Le préfet a annoncé lundi la levée de l'arrêté instaurant un plan de chasse triennal, une condition nécessaire pour “renouer le dialogue”.

Préserver la chasse comme un lieu “qui doit réunir et non diviser” et, par là-même, assurer le maintien de la cohésion et de l'unité sociales dans le département. Tout en relativisant la polémique liée à la chasse au lièvre au regard des difficultés économiques du moment, le préfet Paul Mourier n'en a pas moins fait appel à un vocabulaire solennel et au sens des responsabilités de tous les chasseurs en exposant lundi matin les raisons qui ont prévalu à sa décision d'abroger l'arrêté préfectoral du 5 juin dernier. Un arrêté qui avait instauré un plan de chasse triennal (pour 2009-2011) destiné à la gestion d'une espèce dont les effectifs déclinent dans le Cantal. Pas de plan de chasse mais des propositions de gestion Il faut dire que cinq mois après une manifestation et des réactions que le représentant de l'État juge disproportionnées et teintées “d'un message d'intolérance et d'irrespect qui ne sied pas à l'éthique de la chasse”, la tension n'est en rien retombée du côté de l'Association des chasseurs cantaliens responsables et solidaires, laquelle conteste le constat d'une baisse généralisée de la population de lièvres et revendique le droit à une gestion autonome des territoires de chasse. C'est donc dans un souci d'apaisement et suite à une incompréhension des deux mesures actées l'été dernier - le prélèvement maximum autorisé (PMA) et le plan de chasse - que Paul Mourier a décidé de ne pas attendre des mesures de gestion alternatives potentielles, espérant ainsi contribuer à rétablir le dialogue entre la Fédération départementale de la chasse et ses dissidents. D'ailleurs dès la semaine prochaine un groupe de travail sera réuni sous son égide associant quatre représentants de chacune des parties, les deux présidents, MM. Picard et Lafon ayant donné leur accord en ce sens. Charge aux deux camps de répondre aux trois questions de fond soulevées par le préfet.

S'accorder sur un plan précis

En premier lieu, il leur faudra s'accorder sur un bilan précis de l'évolution de la population du lièvre dans le Cantal, ce qui suppose également de s'entendre sur les modes d'évaluation de ces effectifs. Un préalable pour définir ensuite s'il y a lieu ou non de prendre des mesures de gestion et, si oui, lesquelles : limitation des prélèvements ? Évolution des modes de chasse (par exemple : limitation du nombre de jours de chasse, heures de fermeture,...). Si, à ce stade, Paul Mourier ne veut d'aucune façon prédéterminer les conclusions du groupe de travail, il semble déjà avoir entendu les revendications des chasseurs militant pour des mesures territorialisées, tout en se défendant cependant d'avoir voulu céder à leur pression et en insistant sur la nécessité d'une certaine uniformité. Et le préfet de rappeler que tout chasseur “est dépositaire d'un bien collectif à préserver pour les générations futures”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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