Le préfet de Région prend la température, élevée, de l'élevage cantalien

PATRICIA OLIVIERI

Première sortie cantalienne pour Francis Lamy, nouveau de préfet de Région, avec notamment un échange sur le terrain avec les responsables agricoles.

“Il y a la com' pour BFM TV et TF1, pour le grand public et puis il y a les besoins du terrain !” : le message de la FDSEA par la voix de son secrétaire général, Patrick Bénézit, a été clair, cordial mais clair. Venu découvrir vendredi le département et en particulier son agriculture sur l'exploitation de la famille Guy au Travers de Junhac, le préfet de Région, en poste depuis trois semaines en Auvergne, a eu droit en une heure d'immersion à un exposé exhaustif et direct sur la situation de l'élevage cantalien. Les responsables agricoles présents (syndicats FDSEA, Jeunes agriculteurs, Chambre d'agriculture), entourés d'une petite centaine d'agriculteurs, se chargeant de lui établir une feuille de route déjà bien remplie.

Rendre l'Auvergne prioritaire

À commencer sur l'un des dossiers majeurs du moment : la sécheresse. “On a besoin d'une grosse implication de votre part sur la question des transports pour arriver à ramener tous les fourrages à un prix satisfaisant”, a plaidé le président de la FDSEA, Patrick Escure, après que Christian Guy a exprimé sa crainte d'une prochaine rupture de pâture sur son exploitation. “Je signerais ce soir une lettre au ministre de l'Agriculture pour attirer son attention sur le fait que la région Auvergne doit être regardée comme prioritaire pour faciliter l'acheminement de la paille par voie ferroviaire”, a répondu dans la foulée Francis Lamy, estimant que le Cantal était de loin le département le plus éloigné des grandes zones de production céréalières et parmi ceux aux besoins les plus conséquents. Compte tendu du faible développement du fret ferroviaire en Auvergne, il a cependant ajouté que la paille serait majoritairement acheminée par la route, “néanmoins, il faudra utiliser le rail le plus possible car c'est le moins cher”. De nouvelles réunions devant se tenir prochainement avec la profession et les représentants de la SNCF (voir ci-dessous) pour identifier les gares de déchargement. Tandis que se terminaient les premières commissions d'expertises sécheresse (voir en page 6), le préfet de Région a par ailleurs bien pu mesurer que les récentes annonces du chef de l'État en Charente étaient perçues par les éleveurs comme un coup d'épée dans l'eau, ces derniers se chargeant de lui préciser qu'ils avaient déjà pour beaucoup remboursé les prêts souscrits en 2009 dont les pouvoirs publics entendent prendre en charge en partie les intérêts.

 

CVO : l'autre enjeu

D'où une énième fois l'appel des organisations syndicales en faveur de la fameuse année blanche bancaire : le report en fin de tableau de l'ensemble des annuités d'une année. Une mesure dont le coût est évalué par les services du ministère de l'Agriculture à 500 millions d'euros. “Mais on n'a jamais dit qu'on n'en prendrait pas une partie à notre charge, a souligné Patrick Bénézit. Les banques pourraient aussi faire quelque chose.” Quelques instants auparavant, il avait martelé l'urgence d'une politique française encore plus offensive à l'export, une urgence renforcée par le risque accru de décapitalisation des cheptels bovins viande. “Il faut que les pouvoirs publics écoutent la production et non les grandes surfaces qui expliquent toujours que si les prix augmentent à la production, il y aura un problème de pouvoir d'achat”, a-t-il conclu sous les applaudissements.
Autre serpent de mer, interprofessionnel cette fois, évoqué par Michel Lacoste : l'avenir au-delà d'octobre 2011 de la cotisation volontaire obligatoire (CVO) pour les AOP fromagères d'Auvergne. “C'est une priorité pour moi, a assuré Francis Lamy. Il y a de l'argent de l'État et je veux aussi qu'il y ait de l'argent de la Région.” Après avoir rencontré les producteurs en mai puis les industriels le 15 juin, le préfet du Cantal a lui indiqué qu'une réunion plénière sur le sujet se tiendrait à Saint-Flour le 6 juillet et qu'après moultes sollicitations, les représentants nationaux de la grande distribution avaient accepté de venir échanger sur ce dossier. Pour compléter ce tour d'horizon pédagogique et revendicatif, les JA ont eux milité pour des crédits à l'installation renforcés, le coût moyen d'une installation ayant quasi doublé ces dix dernières années, alors que les aides publiques sont elles restées stables. Enfin, Chantal Cor a rappelé l'injustice persistante en matière de reconnaissance des conjoint(e)s et ce malgré l'introduction du Gaec entre époux.

Source L'Union du Cantal

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