Le prix des terres en stagnation (Fnsafer)

Lise Monteillet

Le prix des terres en stagnation (Fnsafer)

La chute des revenus agricoles a fortement pesé sur le prix des terres et prés libres non bâtis, malgré des taux d’intérêt attractifs.

Les prix des biens fonciers ruraux en 2016

- Terres et prés libres : +0,4% à 6030 €/ha

- Terres et prés loués : +1,9% à 4550 €/ha

- Forêts : +2,1% à 4100 €/ha

- Vignes AOP : +0,1% à 140600 €/ha

- Vignes à eaux-de-vie AOP : +1,7% à 43 400 €/ha

- Vignes hors AOP : +2,2% à 13 400 €/ha

- Terrains constructibles de moins de 1 ha acquis par des particuliers : -2,2 % à 72 100 € le lot

- Maisons à la campagne : 160 400 € le lot (pas de comparaison avec les années précédentes)

En 2016, le prix des terres et prés libres non bâtis n’a que très légèrement augmenté par rapport à l’année précédente, annonce la fédération nationale des Safer. Il s’établit à 6030 €/ha (+0,4%). La baisse des taux d’intérêt n’a donc pas permis de contrebalancer la chute des revenus agricoles.

Bien que le prix stagne, les transactions ont été nombreuses. Une partie du marché a certainement été « alimenté par des agriculteurs en difficulté, obligés de vendre leurs terres », mentionne Emmanuel Hyest, président de la Fnsafer. Cette moyenne nationale cache de grandes disparités. En 2016, le prix des terres et prés libres a atteint 7460 €/ha dans les zones de grandes cultures (-0,9%), 6020 €/ha dans les zones de polyculture-élevage (+3,2%) et 4530 €/ha dans les zones d’élevage bovin (-3,2%).

Une hausse plus marquée est observée sur le prix des terres et pré loués non bâtis (+1,9%), atteignant 4550 €/ha. Ce dynamisme s’explique par un rendement locatif incitatif.

Reprise de l’artificialisation des terres

La Fnsafer constate une reprise du marché de l’urbanisation pour la seconde année consécutive. Une tendance qui inquiète, puisqu’elle conduit à renforcer le phénomène d’artificialisation des terres agricoles. En 2016, le nombre de transactions est en hausse 22 %, après une hausse de 3,8 % en 2015. « À ce rythme, d’ici 2060, 8 à 9% de la SAU française sera artificialisée », prévient Robert Levesque, directeur de la société Terres d’Europe-Scafr. La régulation est « nécessaire et indispensable » insiste le président de la Fnsafer.

Part prépondérante des sociétés

Emmanuel Hyest alerte également sur la « part prépondérante que commence à prendre les sociétés agricoles ». Ces investissements, qui ne sont pas « un mal en soi » quand ils offrent la possibilité à de nouveaux agriculteurs de s’installer progressivement, peuvent dériver vers un « accaparement des terres », précise-t-il. Or, la concentration des terres conduit, selon lui, « à simplifier les systèmes », ces derniers générant au final « moins de valeur ajoutée et d’emplois ». La Fnsafer, par son rôle de régulation, entend au contraire orienter les terres agricoles « vers les porteurs de projets répondant aux objectifs des politiques publiques ».

En 2013, les exploitations individuelles ne détenaient plus que 37,7% de la surface agricole utile, alors qu’elles représentaient plus de la moitié de la SAU en 2000. Les Gaec (et sociétés de fait) exploitaient 21 % et les EARL 30,1% de la SAU en 2013, des chiffres en augmentation. Quant aux autres formes sociétaires, notamment les SCEA et les SA-SARL, leur part est passée de 6,5% en 2000 à 11,3 % en 2013. 

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