Le (s) renard (s) tueur (s) de veau

T.Guillemot

Le (s) renard (s) tueur (s) de veau
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Dans la nuit du 6 au 7 juin dernier, à Sainte-Marie-Outre-l'Eau (près de Pont-Farcy), un (ou plusieurs) renard (s) a (ont) attaqué, tué puis dévoré en partie un veau Blond d'Aquitaine de 8 jours en parfaite santé.

Jean de La Fontaine aurait pu en écrire une fable de mauvais goût, mais l'affabulation n'est en l'occurrence plus de mise. Ceux qui prétendent que le renard est incapable de tuer un veau doivent revoir leur copie. Le goupil n'a certes pas été pris sur le fait, l'attaque s'étant déroulée de nuit, mais le faisceau de suspicions est accablant.
Un veau en parfaite santé
Samuel Enguehard est producteur de lait et de vaches allaitantes dans le Bocage en bordure de l'A84. Début juin et à la ferme, une de ses vaches vêle d'un magnifique veau en parfaite santé. Quelque huit jours plus tard, direction la pâture en compagnie d'un taureau de monte naturelle et d'une vingtaine de vaches suitées. C'est le père de Samuel, dimanche 7 juin, qui va faire la macabre découverte : le cadavre du veau, mufle, oreilles et arrière-train dévorés. Pour notre jeune éleveur, cela ne fait aucun doute. Il s'agit du fait d'un ou plusieurs renards.
Entre autres arguments, le voisin de Samuel dont les fenêtres donnent sur la parcelle, il voit régulièrement les renards se promener sans aucune appréhension au milieu du cheptel. Voisin qui s'est d'ailleurs fait dévorer 14 des 20 poules de son poulailler. Autre commencement de preuve, Samuel est retourné le dimanche soir jeter un coup d'oeil sur son troupeau. Il y a surpris le renard à l'affût au milieu de vaches et de veaux visiblement apeurés. Une scène qu'il a d'ailleurs filmée avec son téléphone portable et que vous pouvez visionner sur notre site internet (agriculteur-normand.com).
Un coup au moral
Pour Samuel et son père, le renard prédateur n'est pas une nouveauté, mais il s'attaque généralement à un nouveau-né, un veau mort ou très affaibli. "C'était certes le plus jeune veau du troupeau, mais il était très vigoureux", assurent-ils. Outre la perte économique d'un tel aléa non couvert par les assurances, c'est un coup au moral qu'a pris notre éleveur. Faut-il désormais vivre avec cette nouvelle peur au ventre ? Les renards sont en effet légion dans ce coin du Calvados et d'autres cas similaires ont déjà été signalés dans ces mêmes colonnes. Cela s'ajoute aux dégâts de sangliers dans le maïs auxquels Samuel a déjà dû faire face ce printemps. Renard et sanglier, une biodiversité loin d'être menacée, mais une population à réguler peut-être au nom du bien-être animal et de celui des éleveurs.

Source l'Agriculteur Normand

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