« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

Dr Didier GUERIN

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

Journée agroécologie « Bien-être animal » => Dans le cadre du programme « enseigner à produire autrement », une journée sur le thème du bien-être animal s’est déroulée au Lycée Agricole d’Ahun ce 29 mars.

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

Organisée en partenariat avec GDS Creuse, la Chambre d'Agriculture de la Creuse et la coopérative CIRHYO, cette sensibilisation a concerné 166 apprenants de 8 classes du Lycée Agricole.

Une nécessaire adaptation de nos pratiques

Le monde de l’élevage a connu et connaît de profonds changements, tant en matière d‘évolution des effectifs que d’environnement sociétal, réglementaire et technico-économique. Les crises sanitaires, les attentes des consommateurs vis à vis de la sécurité alimentaire et du respect de l’environnement, les récentes mises en cause de l’utilisation du médicament vétérinaire, notamment vis à vis de l’antibiorésistance… nous imposent d’adapter nos pratiques pour associer impératifs techniques, rentabilité économique et attentes sociétales.

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

« Le sanitaire… j’adhère ! » pour un bien-être animal amélioré

Une zone et un troupeau sain, ce sont des résultats économiques renforcés, un bien-être animal amélioré, des pathologies et, ainsi, des utilisations de médicaments diminuées. Mettre en œuvre le concept « Le sanitaire… j’adhère ! » dans votre élevage, c’est répondre de manière synergique à nos besoins internes (techniques et économiques) et externes (besoins commerciaux, attentes sociétales). Il associe bilan, analyse, apport de garanties, protection avec les outils disponibles, notamment la « boîte à outils GDS Creuse » développée et mise à disposition en relation avec les vétérinaires, le laboratoire départemental, le service santé animale de la DDCSPP. Il participe au renforcement de notre coopération pour un troupeau sain, sûr et rentable.  Cela demande une implication particulière de l’éleveur et de son vétérinaire dans cette démarche. Les résultats sont patents… pourtant la marge de progression reste encore conséquente !

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun avec des résultats probants

A la demande d’Eric Cazassus, Directeur de l’Etablissement Public Agricole et de Laurent Rougier, Directeur de l’Exploitation Agricole, cette démarche est effective depuis février 2014 en relation avec le Dr Peter Klinck du Cabinet Vétérinaire d’Ahun et l’implication d’Eric Vivion en charge du suivi des troupeaux bovins au Lycée Agricole. Cette action a été initiée du fait de la présence de problématiques importantes en matière de reproduction pour les ateliers bovins laitier et allaitant et de pathologies néonatales pour l’atelier laitier. Le suivi de la méthodologie et l’implication de chacun a permis d’obtenir des résultats probants (cf. encadré sur les veaux de l’atelier laitier).

Une présentation aux apprenants en trois phases, en débutant par la démarche « Le sanitaire… j’adhère ! »…

Pour GDS Creuse, j’ai présenté cette démarche « Le sanitaire… j’adhère ! » composées de 4 étapes : faire votre bilan reproduction et sanitaire afin de connaître le niveau d’équilibre ou de déséquilibre de votre cheptel, mettre en place une analyse pour identifier les facteurs déterminants et favorisants propres à votre troupeau, apporter des garanties dans un cadre collectif avec ses spécificités liées au profil de votre exploitation, éviter l’introduction de nouvelles maladies dans votre élevage avec les apports de la « boîte à outils » GDS Creuse (cf. article GDS Creuse du 09/01/2015).

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

… suivi d’un point sur la démédication en élevages de porcs…

Jean-Claude Teiton (CIRHYO) a présenté la démarche de démédication mise en place dans la filière porcine. Au-delà du problème économique (coût des antibiotiques), ce plan d’action s’inscrit dans le gestion de l’antibiorésistance et les objectifs du plan écoantibio2017. Là aussi, cela commence par le respect des règles zootechniques de base avec un contrôle de l’équilibre sanitaire de l’élevage. Tous les acteurs de la filière porcine sont mobilisés pour réduire l’usage des antibiotiques. Les premiers résultats entre 2010 et 2013 montrent une diminution moyenne de 25 % d’utilisation.

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

… et d’un état des lieux de la démarche « Le sanitaire… j’adhère ! » dans les ateliers bovins du Lycée Agricole d’Ahun

Dans la stabulation vaches allaitantes mise en service pour cet hiver 2015/2016, Renaud Selles, conseiller bâtiment de la Chambre d’Agriculture a présenté les bases d’un bâtiment d’élevage et détaillé les principes d’un « diagnostic bâtiment » avec, notamment, la démonstration avec des fumigènes.

Avec Marien Bataille, nous avons détaillé l’utilisation de deux composantes du kit diagnostic (« grande douve-paramphistome » et « transfert immunitaire »), leur intégration dans le plan d’action et leurs apports dans les résultats obtenus.

Un plan d’action qui va se poursuivre

Le plan d’action d’application de cette démarche « Le sanitaire… j’adhère ! » va se poursuivre selon deux axes : tout d’abord, une implication plus importante des apprenants du Lycée dans la démarche avec un affichage plus détaillé de la méthode et de ses résultats, ensuite, un élargissement à d’autres ateliers comme l’atelier ovin.

« Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

Atelier laitier, pathologies néonatales, de bons résultats à pérenniser

L’atelier laitier était confronté de manière récurrente à des épisodes de diarrhées néonatales avec des taux élevés de morts et de malades (cf. résultats 2013 du tableau).

Une détermination des facteurs de risques

Trois facteurs de risque ont été identifiés : le bien-être des veaux en relation avec leur logement, leur capital immunitaire en relation avec la prise colostrale et la dynamique de contamination en relation avec la zone de vêlage.

La mise en place de mesures sanitaires…

Le plan d’action a d’abord été basé sur des mesures sanitaires : revoir le logement des veaux pour les mettre dans des conditions de bien-être, faire acquérir un bon capital immunitaire avec un suivi par le contrôle du transfert immunitaire (analyses prises en charge par GDS Creuse) et nettoyer régulièrement la case de vêlage avec une désinfection lors de tout passage de vache à risque (notamment vache malade).

... avec quelques mesures médicales…

En complément, un apport supplémentaire d’oligoéléments (notamment sélénium) aux vaches en fin de gestation et une vaccination vis à vis des diarrhées néonatales ont été mis en place. Rappelons que la vaccination diarrhées néonatales n’est efficace que si le transfert immunitaire est de bonne qualité.

… débouchant sur de bons résultats à maintenir grâce à une vigilance sanitaire

Nous observons un passage d’un taux de mortalité de 17 % à 4 % et un taux de malades de 47 % à 14 % donc des résultats en dessous des seuils d’alerte. Le maintien de cette situation demande une vigilance, ainsi, le début 2016 montre une remontée du taux de malades en lien avec une case de vêlage qui demanderait un suivi plus étroit.

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