Le soutien de l'agriculteur à ses filières (suite) : La sucrerie de Bourdon garantit un débouché aux planteurs de betteraves

Bénédicte Boissier

Le soutien de l'agriculteur à ses filières (suite) : La sucrerie de Bourdon garantit un débouché aux planteurs de betteraves

Gérard Greliche président de la Sucrerie de Bourdon demande aux agriculteurs du Puy-de-Dôme, de continuer à approvisionner tous les outils locaux de leurs filières. Il pense que l'avenir se construit dans la continuité de chaque filière.

Besoin de surfaces supplémentaires

Depuis le rachat de quotas consécutif à la réforme sur le sucre, la sucrerie de Bourdon a besoin de 4200 ha de betteraves pour optimiser la marche de l'usine et produire davantage.
« Nous les avons obtenus pour la campagne en cours » indique Gérard Greliche. Dans le même temps Domagri et Limagrain ont eut également besoin d'augmenter leurs surfaces. « Cette situation nous a conduits à réfléchir sur la meilleure façon de procéder, et à coordonner nos actions en ce sens » souligne le président de la sucrerie de Bourdon.

La sucrerie génère de l'activité

La sucrerie de Bourdon, la plus petite au sud de la Loire, emploie 80 salariés permanents, 60 saisonniers de septembre à décembre, ainsi qu'un grand nombre de sous-traitants. Une partie de l'eau de sa lagune, sert à irriguer les terres agricoles des adhérents de l'Asa Limagne Noire. « La sucrerie a été retenue comme Site Remarquable du Goût (1), notamment parce qu'elle est la plus ancienne de France. Elle date de 1837…
(1)Aujourd'hui 71 Sites Remarquables du Goût adhèrent à l'association nationale des Sites Remarquables du Goût (dans le Puy- de- Dôme : Ail de Billom, Fromage Saint-Nectaire).

 

Les atouts de la betterave

« Nous avons voulu garder notre usine en rachetant du quota, même s'il nous faudra attendre pour retrouver une année normale. Car la culture de la betterave a un intérêt économique et agronomique certains dans notre région. Peu gourmande en eau et en intrants, elle représente un atout dans notre zone d'élevage, en fournissant sous forme de produits dérivés, une alimentation animale de qualité et bon marché. »

 

La coopérative pour et par les agriculteurs

Gérard Greliche fait partie du groupe d'agriculteurs, qui a racheté la sucrerie en 1975 pour la gérer en coopérative. Il explique rester toujours persuadé, que ce système demeure à l'avantage de l'adhérent. « La coopérative constitue le prolongement de son exploitation. Si on quitte sa coopérative, on abandonne un bout de sa ferme. Même si on a l'impression de gagner davantage ailleurs, on perd quelque chose. La coopérative apporte la certitude de commercialiser sa production sur l'exploitation. Elle apporte une plus-value dès la transformation, et redistribue les profits à ses adhérents. Je crois vraiment qu'à travers toutes ces actions, nous participons à la richesse de la région.
Si nos aînés ont monté des outils pour qu'ensemble nous soyons plus forts, je ne vois pas comment on pourrait s'en sortir seuls ! »

Attention aux conséquences

Le président de Bourdon regrette « l'opportunisme de certains qui changent de culture pour obtenir un gain immédiat, sans se soucier de la coopérative. » Il se félicite cependant que « les adhérents de la sucrerie ont bien joué le jeu, très peu nous ont quittés (à peine 1 %). Mais la défection de ce petit nombre a été largement commentée et a suscité beaucoup d'interrogations. »
Un autre danger le préoccupe : la raréfaction des terres agricoles en Limagne. « Pour nous cette situation s'avère dramatique. Nous l'avons constaté lors d'une réecnte réunion(2): les terres profondes qui conviennent bien à la culture de la betterave, disparaissent dans notre zone. Nous sentons que nous allons être touchés par la déprise agricole. C'est la betterave contre le lotissement ! » Il espère que les agriculteurs pourront au travers des outils de l'aménagement du territoire, « proposer des choses qui limiteront les dégâts. »

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

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