Le suivi sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2016/2017 – Perspectives 2017/2018

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Le suivi sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2016/2017 – Perspectives 2017/2018

Le suivi sanitaire de la faune sauvage creusoise => Le groupe de travail, composé de la DDCSPP23, du LDA d’Ajain, de GDS Creuse et de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Creuse, a poursuivi ses investigations pour la saison 2016/2017.

Sérothèque fédérale nationale

Le suivi sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Résultats 2016/2017 – Perspectives 2017/2018

Grâce au réseau de chasseurs qui assure la collecte de matériel biologique sur les animaux prélevés à la chasse, le suivi sanitaire de la grande faune sauvage s’est poursuivi sur 2016/2017. Le suivi triennal (suivi parasitisme sur les chevreuils et les cerfs, BVD sur les chevreuils) et les obligations réglementaires (trichine chez les sangliers) ont orienté les recherches. Pour la trichine, de nouveau, les résultats sont négatifs.

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Une infestation très faible par les trématodes, une confirmation de l’alerte strongles chez les chevreuils

Le suivi triennal du parasitisme chez les chevreuils et les cerfs confirme leur très faible infestation en trématodes : résultats négatifs en grande douve, petite douve et paramphistomes chez les cerfs ; résultats négatifs en grande douve et très faibles en petite douve et paramphistomes chez les chevreuils (respectivement 1 et 4 animaux sur 112 dépistés). Pour les strongles, la contamination montre aussi un niveau bas chez les cerfs. Par contre, chez les chevreuils, l’alerte de 2013/2014 se confirme (voir tableau « Strongles – Comparatif »). Par rapport à 2004/2005, les résultats 2007/2008 indiquaient une évolution significative avec de fortes variations. En 2008/2009, la surveillance s’était poursuivie avec un retour vers la normale, validé en 2010/2011. Parallèlement, un travail de thèse avait montré une contamination des chevreuils par des espèces normalement spécifiques des bovins, notamment Ostertagia ostertagi, strongle majeur chez les bovins. Les coprologies 2016/2017 sont identiques à celles de 2013/2014 et semblent donc confirmer cette adaptation des strongles de bovins chez les chevreuils. Sans influence sur la capacité de contamination des animaux de rente, ce phénomène est à rapprocher des baisses de productivité et d’indices kilométriques observées dans certaines zones.

Une absence de portage de virus BVD par les chevreuils qui se confirme

Le virus de la maladie des muqueuses pouvant être théoriquement hébergé et diffusé par les ruminants sauvages, le suivi régulier de la population de chevreuils vis à vis de cette maladie constitue une donnée épidémiologique intéressante d’où son intégration dans le plan depuis 2000. Pour 2016/2017, 112 chevreuils ont été contrôlés. Chaque prélèvement a fait l’objet d’une analyse virologique et sérologique avec une prise en charge des analyses par le laboratoire Boehringer Ingelheim. Tous les résultats virologiques et sérologiques sont négatifs. Cela confirme l’absence de circulation du virus BVD dans cette espèce en Creuse, information importante dans la perspective de la mise en place très prochaine du plan d’éradication de ce virus chez les bovins.

Les orientations 2017/2018 axées sur l’actualité tuberculose

La recherche de la trichine va être poursuivie chez les sangliers du fait des obligations réglementaires relatives à leur consommation. En raison de l’alerte tuberculose dans certains départements, dans le cadre du suivi triennal, après le contrôle de chevreuils et de cerfs la campagne passée, des examens vont être effectués sur des blaireaux la campagne prochaine.

Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous

La surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet la remontée de données au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle pour les gestionnaires de la faune sauvage et de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite avec son adaptation en fonction des besoins. Il est entré dans une phase de suivi où la synergie des différents intervenants permet un fonctionnement optimal. N’hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.

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Sérothèque fédérale nationale

Sous l’égide de la Fédération Nationale des Chasseurs, la Creuse fait partie des 39 fédérations départementales des chasseurs (cf. carte ci-dessus) participant à la constitution de la sérothèque nationale (mise en place en 2008) à partir d’animaux de chasse (prélèvements de sang et de rate). Le but est de constituer un « patrimoine biologique » disponible et analysable lors, d’une part, de chutes de populations de gibiers ou, d’autre part, de suspicion de rôle de la faune sauvage lors d’apparition ou de résurgence de maladie animale des espèces de rente.

Une étude nationale sur les maladies à tiques

La première étude nationale ayant mobilisé des sérums de l’ensemble des départements impliqués a démarré en 2014. Plusieurs anticorps dirigés contre des agents pathogènes portés par les tiques et entraînant des maladies zoonotiques ont été recherchés sur ce matériel biologique. Les analyses fièvre Q ont toutes été réalisées par l’INRA, leurs résultats seront prochainement plus approfondis, mais il semble déjà que le test couramment utilisé pour les animaux du cheptel domestique ne soit pas parfaitement adapté à la faune sauvage. Les recherches sérologiques s’intéressant à Borrelia (maladie de Lyme) et aux flavivirus (encéphalite à tiques) sont en cours. Elles devraient être achevées à la fin de l’été. Des communications à l’intention des différents partenaires, dont les chasseurs sur le terrain, devraient être disponibles en début d’année 2018.

Un suivi fièvre catarrhale ovine (FCO)

Lors de l’épisode de FCO de 2006-2009, une première étude chez les cervidés sauvages avait permis de conclure au fait que les chevreuils ne semblaient jouer aucun rôle dans la circulation de cette maladie. Les cerfs, pour leur part, s’étaient globalement infectés après les premiers cas détectés en élevages et il n’était plus possible de détecter des anticorps chez ces animaux après l’assainissement des troupeaux en élevage. Suite à la nouvelle détection d’une circulation virale chez les bovins fin d’été 2015, une deuxième étude en cours vise à préciser le rôle du cerf dans l’épidémiologie de la FCO. Elle s’appuie sur des sérums de cerf prélevés durant les saisons 2014-2015, 2015-2016 et 2016-2017. Les résultats de cette deuxième étude devraient être connus dès la fin de l’année 2017.

Dr Eva FAURE (FNC)

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