Les abeilles cantaliennes se refont une santé provisoire

PATRICIA OLIVIERI

Avoisinant cette année 15 à 20 %, le taux de mortalité dans les ruches cantaliennes a été divisé par deux en deux ans. Tentative d'éclairage avec le syndicat des apiculteurs.

Ce qui est rare est cher, c'est bien connu, y compris dans le monde animal. Il y a quelques années, avant l'hécatombe qu'ont connue les populations d'abeilles en France, une colonie se négociait aux environs de 70-90 euros. “Aujourd'hui, il faut compter jusqu'à 150 euros, voire des prix encore plus excessifs”, commente Christian Carrier, président du syndicat des apiculteurs du Cantal, qui compte 360 adhérents, dans la très grande majorité des amateurs (avec moins de dix ruches) ainsi que douze apiculteurs professionnels qui travaillent plus de 100 ruches. Une difficulté croissante à se procurer des essaims qui a récemment occupé le coeur des débats de l'assemblée générale du syndicat, lequel compte dans ses rangs une trentaine de femmes qui “viennent à l'apiculture par souci de l'environnement”, analyse Christian Carrier. Du fait d'une mortalité qui a décimé nombre de colonies dans le département et partout dans l'Hexagone, “les professionnels ont fait main basse sur tous les produits”, expose celui qui voue depuis 20 ans une passion dévorante à l'élevage de cet hyménoptère. Le serpent apicole est-il voué à se mordre la queue ? Sans nouveaux essaims, point de renouvellement, donc moins d'abeilles...

Chouchouter ses colonies

L'alternative ? Pour Christian Carrier, le salut passe par la division des colonies, une pratique pour laquelle la nouvelle génération d'apiculteurs n'a souvent pas bénéficié du passage de témoin intergénérationnel qui se faisait jadis. Le principe est en théorie simple : dans une ruche jugée suffisamment forte, il s'agit, sans avoir à rechercher la reine, de diviser harmonieusement en deux lots “équitables” les cadres en veillant à ce que chacun des lots disposent de cadres homogènes en nombre d'abeilles, de couvains, d'oeufs... “Le lot-colonie orphelin va ainsi pouvoir élever lui-même sa reine sur les oeufs pondus par la vieille reine”, explique cet expert-pédagogue qui propose d'ailleurs ce week-end un stage sur cette technique. Sans occulter l'implication des pesticides dans les mortalités constatées ces dernières années, ni d'ailleurs l'impact plus que probable du traitement des cheptels bovins et ovins contre la FCO, le président du syndicat cantalien ne voudrait pas que ses confrères en oublient un prédateur tout aussi destructeur pour l'abeille : le varroa. Un acarien qui suce l'hémolymphe de l'insecte qu'il affaiblit, ouvrant une porte d'entrée idéale pour les virus et autres agents pathogènes. “Il faut impérativement traiter pour limiter le développement du varroa, sinon ce sont des pertes de colonies assurées”, prévient C. Carrier. Un traitement qui s'effectue en conventionnel ou bio après la récolte du miel et pour lequel le Conseil général apporte une aide.

 

La campagne mellifère s'annonce sous de meilleurs auspices

Quant au redouté et médiatique frelon asiatique, Vespa velutina, il a bien été vu dans les secteurs humides du Sud Cantal (Vieillevie, bassin de Maurs,...), mais, pour l'heure, il n'aurait pas encore fait de ravages dans le département. “Beaucoup le confondent, même les apiculteurs, avec le frelon d'Europe, Vespa crabro, lui aussi amateur d'abeilles mais pas avec les mêmes conséquences”, précise l'apiculteur qui a installé une vingtaine de ruches en bordure d'un lotissement à la sortie d'Arpajon. Avec des taux de mortalité en sortie d'hiver de l'ordre de 15-20 %, la campagne mellifère s'annonce cette année sous de meilleurs auspices avec une récolte beaucoup plus précoce, Christian Carrier ayant ainsi déjà collecté un essaim le 16 avril. Sachant que dans le département, une ruche sédentaire fournit 15 kg de miel (rendement évalué sur le cheptel présent au printemps), bien loin dans ce domaine aussi des 75 kg recueillis en l'espace de 15 jours dans les grandes plaines à colza. Du miel local en grande majorité “toutes fleurs”, avec ponctuellement du miel de châtaignier, de tilleul, voire de sapin ou bruyère sur le bassin sanflorain.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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