Les agriculteurs aussi partent en vacances

Ils rêvent de transmettre à leurs enfants les terres qu'ils tiennent de leurs pères, mais ils n'entendent pas renoncer à la vie.

« On travaille pour vivre et non pas l'inverse; je veux profiter de ma femme et de mes enfants », Patrice Mouras, un agriculteur de 36 ans qui produit des céréales et élève 160 vaches à quelques kilomètres de Saramon, dans les collines gersoises.

L'agriculteur aime parfois mettre les voiles, loin de ses 140 hectares de terres autour de sa ferme « La Peyrère ». Avant la fin de l'été, il passera provisoirement le relais à Didier Bajon, qui multiplie les emplois avant de s'installer un jour. « Le taureau est malade, il a avalé un morceau de fer », explique l'exploitant à son remplaçant, « il faudra veiller à lui faire ses piqûres anti-inflammatoires ». « La 9320 va vêler dans quelques jours, je compte sur toi pour la surveiller matin, midi et soir ».

En 10 ans, entre 1994 et 2004, la part des agriculteurs qui partent en vacances est passée de 24 à 38%, selon une étude réalisée pour le ministère de l'Agriculture. Les français dans leur ensemble étaient 65% à s'échapper. Les agriculteurs partent une dizaine de jours par an en moyenne, deux fois moins que les artisans, commerçants et chefs d'entreprise.

Le service de remplacement favorise des journées de liberté en mettant en relation les agriculteurs et ceux qui les suppléeront. Ces derniers y trouvent leur compte. Les remplacements - deux à trois jours par mois en moyenne sur chacune des exploitations de leurs zones – sont essentiels pour ces agents qui peuvent ainsi multiplier les expériences.

A l'heure où les difficultés de l'installation constituent l'une des grandes doléances du monde agricole, le système permet aussi à un jeune agriculteur qui n'a pas de terre de gagner sa vie.

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier