Les agriculteurs en campagne électorale au salon de l'Agriculture

Arielle VERLEY, AFP

Les agriculteurs en campagne électorale au salon de l'Agriculture
(DR)

Les agriculteurs, dont le traditionnel Salon de l'Agriculture ouvre samedi, affichent un meilleur moral après la crise de 2009 mais comptent bien pousser leurs pions auprès des candidats à la présidentielle qui ne vont pas manquer de se presser dans les allées de la plus grande ferme de France.

La 49e édition de ce rendez-vous annuel se tiendra jusqu'au 4 mars et sera inaugurée samedi matin par le président de la République, qui ne devrait pas manquer de rappeler qu'il est aussi candidat à sa propre succession. L'an dernier Nicolas Sarkozy avait arpenté pendant deux heures les allées du salon, s'arrêtant pour déguster les produits du terroir, signer des autographes ou poser pour des photos souvenirs. Une visite qui avait un peu effacé le fameux "Casse-toi, pov'con !" que le président avait lancé en 2008 à un visiteur qui refusait de lui serrer la main.

La quasi totalité des autres candidats à la présidentielle ont d'ores et déjà annoncé leur venue. De nombreux dirigeants politiques sont également attendus ainsi que le commissaire européen à l'agriculture Dacian Ciolos.

 "Cette édition 2012 a un caractère particulier en cette période électorale", reconnaît Xavier Beulin, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole. M. Beulin veut convaincre les responsables politiques que l'agriculture représente un "pôle d'excellence" pour la France, même si le secteur, plombé par un problème de compétitivité, a perdu des places face à son principal concurrent, l'Allemagne.

Au rang des bonnes nouvelles, M. Beulin peut se féliciter de l'envolée des exportations. En 2011, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint un record, à 11,6 milliards d'euros. Cette performance s'explique en grande partie par les prix élevés des céréales, dont la France est un grand producteur, et par les exportations de vins et alcools, notamment vers l'Asie. La prouesse du secteur agricole est d'autant plus à saluer que le déficit du commerce extérieur de la France n'a jamais été aussi mauvais, à près de 70 milliards d'euros.

Optimisme

Dans le domaine social, le secteur aimerait aussi un peu plus de reconnaissance, les emplois qu'il propose n'étant pas délocalisables. Les 10.5000 entreprises de l'agroalimentaire comptaient 477.000 salariés en 2011. C'est le deuxième employeur de l'Hexagone, derrière les entreprises de la mécanique, ne manquent pas de rappeler les professionnels. La compétitivité sera un "thème majeur" du salon, a prévenu M. Beulin.

Celui-ci s'est dit "amer" après le refus du gouvernement de faire bénéficier les exploitations agricoles de la réforme de la TVA sociale qui doit permettre un allègement du coût du travail. Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a fait valoir le coût trop élevé de cette mesure si elle était étendue aux 600.000 exploitants agricoles. A la veille de l'ouverture du salon, M. Le Maire s'est montré optimiste sur l'état de santé du secteur. Devant l'Assemblée nationale, il a affirmé que l'agriculture "relevait la tête et enregistrait des résultats remarquables".

"En 2009, le revenu moyen des agriculteurs français était de 10.000 euros par an, en 2012 il est de 30.000 euros", a affirmé M. Le Maire qui a pris aussi l'exemple du prix payé au producteur de la viande bovine, qui est passé à 3,4 euros le kilo contre 2,9 euros en 2009, soit "la plus forte augmentation" depuis 14 ans. Le ministre a aussi cité la viticulture qui, en 2009, était au 4e rang mondial en 2011, déclarant que le secteur "est redevenu la première viticulture au monde à l'exportation comme en valeur".

Publié par Arielle VERLEY, AFP

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