Les agriculteurs irrigants du Cantal veulent avoir voix au chapitre

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Les agriculteurs irrigants du Cantal veulent avoir voix au chapitre
Le terrassement de l’étang de Jean-Marc Bunhes a démarré début octobre après une lourde procédure administrative. À terme, l’ouvrage de 3 m de profondeur permettra de stocker 12 000 m3 d’eau utilisables.

Comme Jean-Marc Brunhes, ils sont environ 80 agriculteurs irrigants dans le département et ont souhaité se structurer pour défendre leur pratique et leur autonomie fourragère.

Jean-Marc Brunhes en est convaincu : avec une structure représentative des agriculteurs irrigants cantaliens, son projet d’étang aurait avancé bien plus vite. “J’ai tout découvert de A à Z”, confie-t-il. De la nécessité de faire réaliser un document d’incidences, une étude de sol... jusqu’aux limitations réglementaires de la capacité de l’ouvrage. Si les engins de terrassement de l’entreprise SA-TPA sont à l’œuvre depuis une quinzaine de jours à Nadal, le projet du producteur de lait de Leucamp remonte lui à plusieurs années déjà. Installé depuis 1988, Jean-Marc Brunhes élève aujour-d’hui une grosse quarantaine de vaches prim’holstein et 18 génisses sur 43 ha. L’an dernier, il a implanté 10 ha de maïs, 4,5 ha de blé, 22,5 ha de prairies temporaires, le reste de la surface étant couvert en prairies permanentes. Malgré des sols schisteux peu séchants, il irrigue ses maïs (hormis en cette année 2012, favorable) à partir de prélèvements dans le ruisseau voisin et d’un étang de 5 000 m3 au Puy de la Pause qui sert également à un agriculteur voisin.

Sécuriser ses stocks

“Historiquement, j’avais des stocks”, explique l’éleveur, par ailleurs président de Cantal conseil élevage. Mais avec l’accroissement progressif de son quota (257 000 litres à 411 000 l) et des épisodes de sécheresse comme celui de 2011, il a vu ses stocks fondre. Aussi prévoit-il pour la prochaine campagne de porter à 12 ha ses emblavements en maïs. “À plus long terme, je pense rester sur une superficie de 10 ha mais augmenter la part de céréales. Mon objectif est avant tout de sécuriser mon autonomie fourragère.” Une autonomie qui passe par l’assurance apportée par l’irrigation et la concrétisation de ce projet ancien. Il a d’abord fallu acheter des communaux en fond de vallée puis se lancer dans une procédure administrative lourde et tout aussi longue pour obtenir début 2012 l’autorisation de faire creuser cet étang de 12 000 m3 utilisables (8 000 m2 de surface au sol pour une profondeur de 3 m) dont l’étanchéité sera assurée par une géomembrane. Hors frais d’études, c’est un investissement conséquent (80 000 €) pour l’éleveur qui ne pourra bénéficier d’aucune aide, faute d’un projet collectif que la situation géographique de l’exploitation rendait de toute façon impossible. “Je vais avoir du mal à l’amortir, mais je ne le fais pas que pour le côté économique”, expose Jean-Marc Brunhes qui, une fois sur le site, fait aussi valoir l’intérêt paysager et patrimonial de cet étang dont les travaux sont concomitants à un autre chantier, celui d’un hangar de stockage tout près de la stabulation qui s’accompagnera de l’agrandissement de la fumière couverte de cette dernière. “Nous n’avions pas assez de matériaux solides pour construire la digue de l’étang, comme j’avais aussi ce projet de bâtiment, on a fait d’une pierre deux coups”, résume l’éleveur tandis qu’une pelleteuse est en train de décaisser le flanc de la colline derrière la stabulation. Environ 5 000 m3 de ce matériau ainsi excavé seront transférés en contrebas pour ériger la digue. Autant de travaux qu’il a hâte de voir achevés.

L’association des irrigants du Cantal sera créée mercredi 24 octobre, 10 heures, salle de la mairie au Rouget.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier