Les agriculteurs partagés sur la version finale de la loi agricole

Les agriculteurs partagés sur la version finale de la loi agricole

La FNSEA, syndicat agricole majoritaire, s'estfélicitée mercredi de quelques "réelles avancées" apportées dans la versionfinale de la loi d'avenir agricole, tandis que les syndicats minoritaires semontrent plus sceptiques.

Représentants des députés et des sénateurs sont arrivés mercredi à un accord sur le projet de loi d'avenir pour l'agriculture, qui sera définitivement adopté jeudi par le Sénat et en septembre par l'Assemblée. Ce texte a notamment l'ambition de verdir le secteur en promouvant les pratiques agro-écologiques via une majoration des aides pour les agriculteurs qui s'engagent dans cette voie. Si la FNSEA raille une nouvelle fois l'agro-écologie défendue par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, jugeant le modèle "mal défini", elle salue dans un communiqué un texte "a permis de réelles avancées" sur le foncier, les inter-professions ou sur le statut de l'agriculteur. "Nous avons réussi l'essentiel : professionnaliser une agriculture mise en oeuvre par de véritables professionnels", s'est félicitée la puissante fédération.
La Coordination Rurale déplore de son côté dans un communiqué "l'opprobre une nouvelle fois jetée sur les exploitants qui utilisent, avec raisonnement, des produits homologués" car le projet de loi restreint l'usage des pesticides près des lieux sensibles. Le syndicat minoritaire tient en revanche à saluer "le fait que les sénateurs se soient fait l'écho de la détresse des éleveurs face au loup" en autorisant le leur "prélèvement" dans des zones de  protection renforcée, délimitées par les préfets, pour une durée maximale d'un an lorsque des dommages importants sont constatés pour les activités pastorales. La Confédération paysanne, autre syndicat minoritaire, regrette quant à elle le "manque d'ambition" de la loi notamment sur l'agro-écologie ou l'emploi. Et "alors que les négociations sur les accords de libre-échange transatlantique arrivent sur le devant de la scène, la mobilisation du gouvernement pour l'avenir de l'agriculture doit être concrète et efficace, dès maintenant", plaide-t-elle dans son communiqué.
De son côté, l'association Filière Paysanne, associée notamment aux Jeunes Agriculteurs, à Terre de liens et à trois députés et un sénateur de gauche, regrette que la rédaction finale de la loi conduise à un recul de la protection des terres agricoles "face à l'avancée du béton". Pour stopper le phénomène d'artificialisation des terres, ceux-ci réclamaient depuis plusieurs mois que les Commissions départementales de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) aient un rôle renforcé, afin qu'elles puissent "obtenir un avis décisionnel sur tout projet d'urbanisme ou d'aménagement qui aurait pour conséquence de réduire un espace à usage ou à vocation agricole". Mais "la Commission mixte paritaire de ce 23 juillet a décidé de maintenir la capacité d'intervention des CDPENAF sur tous les documents d'urbanismesintégrés dans un SCOT déjà existants (Schéma de COhérence Territorial), mais a annulé celle-ci dans le cadre des SCOT à venir. Cette mesure vient donc limiter les moyens d'action des CDPENAF", regrettent-ils dans un communiqué mercredi.

Source AFP

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