Les agriculteurs sont entrés dans Paris !

Les agriculteurs sont entrés dans Paris !

Quelque 1.400 tracteurs répartis en six convois sont entrés dans Paris ce matin pour exprimer la détresse du monde paysan. Ils n’ont pas provoqué l'asphyxie redoutée en raison d'une circulation nettement moins importante qu'à l'ordinaire.

A 8h la FNSEA dénombrait plus de 1.700 tracteurs en route vers la capitale. Le dernier décompte de la préfecture de police en recensait un peu moins de 1.400, ainsi que 91 bus et une cinquantaine de véhicules légers. Drapeaux de la FNSEA au vent, clignotants et lumières sur les toits, certains ont accroché des slogans à l'avant des tracteurs pour interpeller les citadins: "Paysans en détresse", "La mort est dans le pré", "France n'abandonne pas tes paysans" ou encore "Nos charges nous tuent".

Les engins et des autocars remplis d'agriculteurs continuaient de franchir les principaux péages d'accès à la capitale, alignés sur une file pour limiter la gêne, selon le mot d'ordre de leurs syndicats

  

« Il ne s'agit pas d'un défilé folklorique »

Les tracteurs resteront stationnés place de la Nation toute la journée. Vers 10h, une délégation s'est rassemblée devant l'Assemblée nationale, prenant à partie trois députés sur l'action du gouvernement. Une dizaine de tracteurs devaient ensuite les rejoindre. Puis les principaux dirigeants syndicaux seront reçus par le Premier ministre, Manuel Valls.

Dans un entretien au Figaro, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a dit "espérer pouvoir faire des annonces vers 15h devant les troupes à la Nation".  Il ne s'agit pas d'un "défilé folklorique ni d'une parade de tracteurs (...) Les agriculteurs sont déterminés", a insisté Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, premier syndicat agricole du pays.

"On ne lâchera rien, je pense que les Parisiens nous soutiendront", confie Dimitri Ducher, 29 ans, éleveur de porcs à Plouigneau (Finistère), en route depuis deux jours et deux nuits, "déterminé" malgré la fatigue. "Les prix sont bas, il y a de plus en plus de normes. Les normes il en faut mais cela coûte. Les prix ne suivent pas, on n'arrive pas à faire la soudure", explique aussi Mathieu, 20 ans, qui tient une exploitation laitière dans l'Oise.

  

'Année blanche'

Après plus de 500 actions syndicales cet été, FNSEA et JA attendent un "engagement de la part des pouvoirs publics" en faveur des exploitants aux trésoreries exsangues. En premier lieu, ils réclament un "année blanche pour les traites bancaires afin de redonner du souffle aux exploitations et de leur permettre de payer leurs fournisseurs", selon Dominique Barrau.

Par ailleurs, les agriculteurs attendent une réponse à leur demande de moratoire sur les normes, environnementales notamment, dont ils dénoncent l'empilement bureaucratique. Ils estiment que la France "va au-delà des contraintes européennes" dans sa transposition des textes communautaires.

Les agriculteurs dénoncent aussi la guerre des prix entre les enseignes de la grande distribution, qui tire toute la chaîne de production vers le bas.

 

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Commentaires 5

gg44

après le balai d'honneur des tracteurs des soi-disant laisser pour compte a-t-on le droit d'ètre contre contre les mesures agro-environnementales, un état responsable aurait du procéder ades controles anti-pollution

doucefrance

Hilarant!!!!!

Les céréaliers ne viennent pas: "toute façon tous des cons égoïstes qui ne bougent pas le petit doigt!"

Ils viennent: "regardez donc ça se plaint la goule pleine avec des tracteurs à 200 000€"

L’intérêt d'un mouvement général agricole c'est la solidarité donc avoir toutes les spécialités représentées même les céréaliers beaucerons ou les viticulteurs bordelais, petits ou grands car les histoires de normes et différences européennes sont valables pour tous. On voit toujours à tort l'herbe plus verte dans le champs du voisin si la production que l'on n'a pas chez soi est si facile, si rémunératrice, si avantageuse, si peu contraignante, pourquoi ne pas s'y mettre aussi???


Ensuite concernant les tracteurs n'oublions pas qu'il y a aussi des impératifs question sécurité sur la route et que le but était aussi d'arriver en UN cortège avant la fin de la manif donc tracteurs roulant à moins de 40km/h, sans clignotants, et j'en passe sur une autoroute pour traverser une partie de la France..... ceci dit ça aurait permis d'écrémer le parc matériel c'est sur!!!! Cette partie a été réfléchie pour qu'au fur et à mesure du parcours le flot de tracteur grossisse sans pour autant que certains soient encore au mans quand d'autres seraient déjà à nation; sans que l'on découvre dans le journal un accident mortel d'un poids lourds ou une voiture avec une famille de vacancier néerlandais encastré dans un tracteur mal signalé. Vous parlez du fuel consommé et de la valeur des tracteurs c'est pas un peu contradictoire? un vieux Ford 5000 même s'il rends encore bien service et ne coûte pas 200 000€ vous savez combien ça biberonne et pendant combien de temps pour faire le même trajet? Qui plus est le prix du tracteur est juste à remettre dans le contexte de l'époque car un tracteur qui ne vaut plus très cher maintenant valait peut être une fortune lorsqu'il était au goût du jour. De plus j'ai jeté un œil un peu partout et des tracteurs sans trop de chevaux, sans trop de confort, pas trop tape à l’œil, pas trop onéreux, excepté dans la catégorie tracteur tondeuse ou accidenté ça devient pas trop évident à trouver...... Vilains paysans qui roulent en monstrueux tracteurs va!!!! Enfin quelqu'un a regardé ce qui se fait en tracteur neuf avant de cracher son venin? Car on ne fait pas toujours ce qu'on veut question équipements. Quelqu'un a fait une comparaison objective sur le plan économique entre l'achat d'un tracteur neuf peut être un peu plus conséquent que nécessaire et l'achat d'un tracteur d'occasion peut être à peine suffisant? L'achat d'un matériel neuf, qui plus est ces dernières années est bien plus réfléchi que certains ne le laissent entendre (même si certains prennent peut être des gammes nettement supérieures à ce qui aurait pu suffire) et se fait rarement comptant rubis sur l'ongle mais là aussi les préjugés sont toujours bien utiles pour servir sa cause et pouvoir dénigrer l'autre!

On parle des syndicats et des politiques qui divisent, mais pas besoin de regarder si haut, rien qu'entre nous c'est déjà Beyrouth tout le monde se regarde le nombril à juger son sort pire que celui de son voisin en le trouvant bien mois à plaindre c'est navrant; le monde agricole s'enfonce dans la misère, pas de temps à perdre à se demander qui est le plus à malheureux, juste se mettre au boulot pour s'en sortir et si une branche s'en sors avant l'autre qu'elle vienne aider la suivante.


Bref de toute évidence même aussi bien organisé que ce mouvement ait pu l'être on trouve toujours des critiques et le plus risible c'est qu'elles viennent de gens qui n'ont même pas essayé d'organiser quoi que ce soit.

Je dis bravo à tous ceux qui y étaient, tous ceux qui ont organisé, tous ceux qui n'ont pas pu ou voulu venir et surtout surtout COURAGE à toutes les personnes qui sont confrontées à tous les tracas de l'agriculture française actuelle; accrochez vous, ne perdez pas espoir.
Même si on peine à le voir en ce moment je reste persuadé que l'on fait le plus beau métier qui soit et sans être utopiste que l'on finira par pouvoir REvivre tous décemment de notre profession en satisfaisant le consommateur et les exigences que l'on aura toujours.

cajo45

je constate que le carburant est moins cher pour aller à Paris que pour venir chercher la paille quand il y a pénurie de foin!

dasa

beau coup de com' ca tombe comme gravelotte sur les reseaux sociaux , les paysans qui roulent en tracteur a 200 000 euros

Pilou

Bravo les Agri !

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