Les AOVDQS réunies à Estaing : Vins : consommation et mise en marché difficiles

Alexandre Cayrac

Les AOVDQS réunies à Estaing : Vins : consommation et mise en marché difficiles

La consommation de vin baisse continuellement depuis 30 ans et subit les effets des messages publicitaires de prévention de l'alcoolisme. Le marché des vins reste lui très concurrentiel et difficile.

L'assemblée générale des Appellation d'Origine Vins Délimités de Qualité Supérieure (AOVDQS) à Estaing, a été l'occasion pour les producteurs de se familiariser avec les réalités d'un marché du vin en difficulté.
Selon Delphine Blanc, directrice de vin et société, «si le vin reste la boisson alcoolisée la plus bue en France, sa consommation a chuté de 47% depuis 1975». Les consommateurs réguliers disparaissent, les modes de consommation changent et les messages de santé publique font leur effet. «Nous faisons les frais d'une politique de santé publique anxiogène qui vise clairement à faire baisser la quantité d'alcool consommée» explique la directrice. Les professionnels du vin souhaiteraient eux que des messages sur «les bienfaits d'une consommation modérée» prennent le pas sur «les attaques» du Ministère de la Santé.

Trouver de nouveaux consommateurs

Et l'optimisme n'est pas de mise car la consommation devrait continuer à baisser. L'interdiction de vente d'alcool dans les stations service, la taxe sur les boissons sucrées, la complexification de la publicité pour les boissons alcoolisées, ou encore la réforme de l'étiquetage promet en effet un contexte difficile pour les vignerons.
Mais l'interprofession ne baisse pas les bras et met en place des actions de lobbying auprès des parlementaires et de l'Elysée pour limiter «ces agressions qui viennent de tous les côtés» avance la directrice de vin et Société. La communication sur une consommation modérée et sur les nouveaux modes de consommation va elle aussi être intensifiée. «Il faut trouver les moyens d'approcher les nouveaux consommateurs en cherchant comment nous pouvons parler du vin» souligne Delphine Blanc.

Faiblesse alarmante

Pour la mise en marché des vins, le constat n'est pas beaucoup plus positif. Pour Louis Vallet, ancien responsable des vins chez Carrefour, «le commerce et la mise en marché des vins est d'une faiblesse alarmante».
Premier problème : l'organisation de l'aval qui n'est selon lui pas suffisant. Deuxième point noir : la concurrence des sodas, jus de fruits, et eaux minérales. Mais en terme de commercialisation, le point qui, pour l'ancien distributeur, joue un rôle primordial, c'est la marque. Il explique en effet le succès des vins de pays de cépage, par le fait que les consommateurs achètent d'abord une marque, le cépage n'étant plus un critère qualitatif mais une simple information sur le produit.

Les AOVDQS dans le flou

«La nouvelle segmentation nous inquiète» a clairement expliqué le président des AOVDQS, François RAT, aux producteurs. Selon lui, «la profession n'a pas pu ou pas su intervenir sur l'organisation de la segmentation».
La nouvelle réglementation européenne qui fait disparaître les AOVDQS, et évoluer les AOC vers des Appellations d'Origine Protégée (AOP) posent en effet de nombreuses questions.
Quel positionnement des AOVDQS dans le schéma européen IGP AOP ?, Quelles AOC demain porteront le sigle AOP ? «Nous sommes perturbées par les incertitudes sur la mise en musique de ces modifications importantes sur lesquelles nous n'avons pas prise» regrette le président et d'ajouter «il faut que l'on nous dise clairement ce que l'on attend de nous».

Source La Volonté Paysanne 12

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