Les apiculteurs dans la rue

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Des centaines d'apiculteurs ont manifesté leur mécontentement face à la mortalité des abeilles, devant le siège de FranceAgrimer. Ils réclament une législation plus dure envers les pesticides neurotoxiques qu’ils jugent responsables de la chute de production de miel.

A Montreuil, 8 à 900 apiculteurs selon les organisateurs (300 selon la police) ont manifesté  devant le siège de l’Office ministériel, FranceAgriMer, qui réunissait mardi le Comité stratégique apicole. Ils brandissaient des pancartes :  "L'agrochimie m'a tuer", "Stop à l'hécatombe"  ou encore "Non au Cruiser, non aux insecticides neurotoxiques tueurs d'abeilles".  Quatre des cinq organisations professionnelles étaient réunies pour l'occasion*.

 "Nous sommes venus confirmer nos inquiétudes graves sur le dossier des pesticides que nous ne voyons pas aboutir", a expliqué  Yves Vedrenne, président du SNA*. Ils souhaitaient notamment expliquer aux pouvoirs publics et à FranceAgriMer, qu'il est inutile d'établir un plan de développement de l'apiculture sans régler la question des insecticides. "Un plan de développement durable de l'apiculture dans une ambiance de pesticides, ce n'est pas possible. Quand ils nous demandent de doubler la production de miel, ils se foutent de nous", a dit Jean Sabench de la Confédération paysanne. "Est-ce qu'un éleveur de vaches allaitantes accepterait de perdre la moitié de son cheptel par an ?", a demandé Yves Vedrenne.

Une production divisée par deux en 20 ans

Selon l'Unaf*, les apiculteurs ont perdu entre 15 à 30% de leurs ruches l'an dernier, avec des situations très contrastées selon les régions.  En cause, selon l'organisation, des conditions climatiques très mauvaises, (froid, pluie...) et des "problèmes d'intoxications". En 2013, la production de miel en France a été inférieure à 15.000 tonnes, soit moitié moins qu'en 1995.

Bruxelles a interdit en 2013 et pour deux ans l'usage des trois pesticides néonicotinïdes jugés responsables en partie de la mortalité des abeilles. Il faudra attendre l'automne pour mesurer l'effet du moratoire sur la mortalité des abeilles mais les apiculteurs jugent la mesure insuffisante.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a lancé en février 2013 un plan sur trois ans destiné à redynamiser l'apiculture française partant du constat que plus de 50% du miel consommé en France est importé.  Ce plan, doté de 40 millions d'euros, doit notamment encourager l'installation de nouveaux apiculteurs professionnels. Car les apiculteurs sont en majorité écrasante des amateurs : plus de 90% ont moins de 30 ruches et seuls 1.600 (4%) sont professionnels.

 

* Confédération paysanne, Fédération des organisations sanitaires apicoles départementales (FNOSAD), Syndicat national d'Apiculture (SNA) et Union nationale de l'apiculture française (Unaf). La Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) n’a pas participé à cette mobilisation.

 

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