Les chasseurs s'attendent à une saison où le gibier devrait être abondant

Renaud Saint-André

Après les ouvertures anticipées, dont le sanglier, et avant l'autorisation de la chasse aux cervidés, s'ouvre une nouvelle saison générale jusqu'au 29 février 2012.

Dimanche, c'est l'ouverture générale de la chasse. Une nouvelle saison qui s'annonce “honorable”, estime Jean-Pierre Picard, président de la Fédération des chasseurs du Cantal : les conditions climatiques se sont avérées favorables à la reproduction des espèces. De surcroît, certaines se sont vues protégées par des fauches tardives (voire une coupe de moins)... C'est particulièrement vrai pour le chevreuil, le lièvre ou certains oiseaux. Mais c'est pour cette saison 2011/2012 que la plupart des espèces chassables voient leur plan de chasse profiter d'une attribution supérieure à celle de l'an passé. En outre, le timbre sanglier, adopté lors de la dernière assemblée générale, est en place. Il en coûte 10 euros pour le chasseur de sanglier et de manière mutualisée, une augmentation de 4 euros sur la vignette fédérale payée par tous. Les titulaires de permis nationaux n'ont pas besoin de s'acquitter du timbre départemental, une cotisation leur étant d'emblée prélevée.

Une diversité enviable

L'an dernier, le tableau de chasse pour le sanglier a fait un bond de 40 %, dépassant les 2 500 prélèvements. On reste loin de la moyenne nationale (à près de 6 000) et de certains départements où l'on réalise jusqu'à 30 000 prélèvements et plus ! La situation reste “supportable” cette année. Après un temps très sec, on note cependant un retour du sanglier depuis les dernières pluies, notamment dans les maïs, davantage que dans les prairies ou estives. Les chasseurs se félicitent en outre du travail réalisé en synergie avec les agriculteurs pour protéger les parcelles. Jean Nicolaudie, directeur de la Fédération des chasseurs, rappelle que le Cantal fait partie de la petite dizaine de départements qui profite des cinq espèces de gros gibier chassables, dont le chevreuil, le cerf, le chamois et le mouflon, soumises à un plan de chasse. Ceux-ci profitent tous d'une attribution supérieure à la saison dernière, d'au moins 10 %. C'est le cas pour le chevreuil, pour lequel la Fédération a accueilli avec satisfaction un taux de réalisation 2010-2011 qui frise les 95 %. Les attributions passent de 3 836 à 4 238. Ce qui reste néanmoins assez nettement inférieur aux 6 000 chassables au début des années 2000. Comme chez la plupart des espèces, les colonisations sont hétérogènes suivant les zones, certaines restant fragiles tandis que d'autres inquiètent le monde sylvicole. En progression constante depuis plus de 20 ans, le cerf colonise désormais pratiquement tout le département et plus particulièrement les secteurs frontaliers de la Corrèze. Arnaud Lafon, technicien à la Fédération départementale de chasse, admet une “gestion difficile de l'espèce, compte-tenu du comportement de l'animal”. Les attributions sont de 1 708 cette saison (1 554 l'an dernier). Un comptage dans les premiers jours d'octobre va mobiliser 500 à 600 bénévoles, avant l'ouverture de la chasse aux cerfs et biches, le 22 octobre.

Les mouflons en nombre

Le chamois partage les terres d'altitude avec les estives, les randonneurs, etc. “Petit à petit, il descend des prairies jusqu'à se réfugier dans des vallées escarpées comme celles de la Rhue, du Marilhou ou la basse vallée du Mars”, témoigne Emmanuel Marquet, technicien. Les attributions passent de 161 à 200 pour cette saison. Sachant que cette chasse d'approche demande certaines qualités physiques et une connaissance assez pointue du milieu. Quant au mouflon, après avoir connu une forte régression (et donc des années de restriction), les effectifs semblent à présent reconstitués. Le plan prévoit 132 attributions. Généralement, seule la moitié est réalisée.

 

Zones hétérogènes

Bonne saison en prévision également pour le petit gibier. D'après les premières observations, la reproduction du lièvre débutée très tôt devrait permettre des tableaux supérieurs à l'an passé (près de 3 000 lièvres abattus). Les mesures de gestion de l'espèce fonctionnent bien, avec une centaine de territoires de chasse qui limitent leurs tableaux et viennent à la Fédération chercher les bracelets. “Toutefois, les niveaux de population restent hétérogènes d'un pays de chasse à l'autre”, souligne Jean-Pierre Picard en opposant le Cézallier ou le secteur du Puy-Mary, encore difficiles, à la longueur d'avance prise en Châtaigneraie. Parallèlement, il s'est tué 800 lapins l'an dernier. La bécasse profite pour la première fois cette année d'une mesure nationale - et non plus départementale - de prélèvements maximum autorisés. Une réforme dont le président cantalien est en quelque sorte l'artisan. Chaque chasseur pourra en abattre jusqu'à 30 sur tout le territoire national, à raison de trois bécasses maximum par jour. Une espèce qui se plaît dans le Massif central et qui se reproduit parfois dans le département. Excellents passages de migration de printemps chez la bécassine ; les 1 000 ailes collectées représentent à elles seules 37 % de l'échantillon national ! Le nombre de couples de perdrix est stable en Planèze, des petites compagnies sont signalées ici ou là (suite au lâcher de l'an passé)... Pour le faisan, c'est en Châtaigneraie qu'on observe quelques compagnies. La caille des blés a profité d'une fin d'hiver très douce et l'ouverture s'avère prometteuse. Enfin, de nombreuses nichées de pigeon ramier ont été observées pour cette espèce en voie de sédentarisation, même si on reste très loin des souvenirs d'une centaine de chasseurs par jour sur le col de Prat-de-Bouc. Rappelons enfin que la marmotte est une espèce chassable... non chassée.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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