Les Clés pour Comprendre, avec Alain Berger, délégué interministériel à l’Agroalimentaire

Yassine Kevin Élève ingénieur AgroParisTech 1ère année

Les Clés pour Comprendre, avec Alain Berger, délégué interministériel à l’Agroalimentaire

Dans une période marquée par des évènements médiatiques liés à l’industrie agroalimentaire (restructuration chez Danone, scandale de la viande chevaline…), nous sommes en mesure de nous demander quelle est l’importance de cette industrie vis-à-vis du monde agricole ? Les réponses d'Alain Berger interrogé sur le plateau de terre d'Infos, dans une émission animée par Hervé Plagnol, rédacteur en chef, d'Agra Presse

Pourquoi observons-nous en ce moment l’apparition de problèmes liés aux industries agroalimentaires ? Serait-ce un indicateur d’un problème plus profond ?

Les IAA supportent mieux la crise économique actuelle, même s’il est vrai que certains groupes sont en difficulté. Cela est peut-être dû à un mauvais positionnement sur le marché européen : nos principaux concurrents, comme l’Allemagne, le Danemark ou les pays nordiques ont mieux su anticiper les évolutions du marché que nous. Leurs réactions ont été plus rapides, et certains ont pu bénéficier d’avantages compétitifs conséquents liés aux différences sociales et fiscales. En France, l’offre est complexe et l’organisation doit y être adaptée, ce qui n’est pas chose facile.

La relative faiblesse des industries agroalimentaires pourrait-elle être due à un manque d’internationalisation de leur part ?   

Il convient de rappeler que le solde commercial des industries agroalimentaires est un des rares à être excédentaire à hauteur de 11 milliards d’euros en 2012 (le déficit commercial français avoisinant lui les 70 milliards d’euros). Il est vrai cependant que certaines PME et TPE ne sont pas capables d’avoir une activité à l’international. Pour favoriser leur internationalisation, il faudrait mutualiser les interventions de ces entreprises. Le gouvernement a aussi un rôle à jouer pour faciliter cette internationalisation.

Le récent scandale de la viande de cheval ne met-il pas en avant les limites de l’industrie de l’alimentaire?

Celle-ci n’est pas en cause, c’est purement un problème de fraude. L’industrialisation est voulue par la demande des consommateurs, mais ceux-ci veulent également la traçabilité et la transparence sur les produits. Ce genre de fraude intervient lorsque les entreprises agroalimentaires cherchent à distribuer des produits à très bas prix, et ils sacrifient ainsi la qualité du produit.

Les agriculteurs ont fait de nombreux efforts de modernisation au cours des dernières années. Ce récent scandale ne donne-t-il pas une impression de régression ?

 Non, mais il faut repositionner les agriculteurs dans une dynamique de filière. Ceux-ci ne profitent pas assez des progrès qu’ils ont établis.   

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