Les efforts des producteurs amènent de l'économie à toute la filière”

P. O.

Deux producteurs impliqués dans les filières AOC du Jura et des Savoie livrent leur regard sur la démarche engagée en Auvergne en faveur d'une valorisation du lait.

Ils sont tous deux intarissables sur les atouts et les filières des AOC. L'un, éleveur en Gaec dans le Jura, livre son lait pour les appellations d'origine contrôlée comté et morbier, l'autre,
producteur près du lac d'Annecy (74), fait partie des zones d'appellation des AOC abondance, tome des Bauges, reblochon et gruyère.
Dominique Chauvin, vice-président d'une fruitière de 35 producteurs et vice-président de la FDSEA du Jura, comme son collègue haut-savoyard Christophe Léger - qui préside lui un GIE départemental gérant les quotas laitiers - ne veulent pourtant pas donner de leçons à leurs homologues d'Auvergne. Mais témoigner de leurs expériences en matière de valorisation des AOC.

Investir sur le long terme

“Par rapport à début 2007, le prix du lait destiné au comté n'a pris que 8 % d'augmentation au premier semestre 2008, alors que dans le même temps le prix du lait standard grimpait de plus de 30 %”, expose Dominique Chauvin.
Une situation a priori paradoxale et difficile à accepter pour les producteurs, que ce membre du bureau du comité interprofessionnel du comté explique par la volonté d'inscrire la hausse du prix du lait de l'AOC dans la durée “On préfère une croissance modérée mais durable”, plutôt que subir les amplitudes que connaît la filière laitière depuis plus d'un an. Une augmentation qui situe quand même le prix du lait payé aux producteurs aux environs de 380 e / 1 000 litres. Et les prévisions pour 2009 s'avèrent encore plus favorables : “On va osciller entre 400 et 450 e”, estime D. Chauvin.
“Il faut y croire et oser, investir sur l'avenir”, lance l'éleveur en direction des producteurs cantaliens. À ses yeux, le nouveau cahier des charges de l'AOC cantal sera obligatoirement synonyme de gain sur la qualité du produit. “Dès lors, c'est normal que les producteurs qui consentent des efforts en ce sens, soient rémunérés, développe Dominique Chauvin. Sinon, je crois que cela va être compliqué de s'engager.”

 

Un juste retour des efforts des producteurs

Le Haut-Savoyard Christophe Léger va encore plus loin, parlant lui d'efforts considérables et d'une véritable “révolution” en cours du côté des AOC auvergnates : “La démarche engagée par les producteurs est courageuse, il est légitime qu'ils réclament leur juste part à la valorisation, à plus forte raison dans le contexte actuel”.
Et pour cet ancien responsable JA, “les transformateurs et metteurs en marché doivent comprendre que ces efforts doivent produire de l'économie”. Lui appelle les producteurs à s'impliquer dans la gestion économique de la filière : “Quand on a l'information sur les mises en fabrication, les volumes dégagés, vendus, les prix, on a une partie du pouvoir.” Ce qui, selon lui, équilibre considérablement les rapports de force et facilite aussi les engagements communs au sein de la filière (dégagement de lait quand le marché est saturé...).
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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