Les éleveurs caprins réunis à Monteils

Didier BOUVILLE

Monteils caprins Aveyron
La Volonté Paysanne

Les journées techniques régionales caprines organisées à Monteils jeudi 20 octobre, puis à Monbazillac (Dordogne) le lendemain, ont fait le point sur le volet sanitaire de la production de lait de chèvre, après un état des lieux de la conjoncture économique qui suscite des interrogations chez les éleveurs. 

Depuis une douzaine d'années, la filière régionale caprine se donne rendez-vous en Aveyron pour faire le point sur la production autour d'un volet technique ou sanitaire comme ce fut le cas cette année avec la journée organisée à Monteils sur les différentes approches de la santé du troupeau caprin. «Nous avons notamment échangé sur la mise en place de la nouvelle grille de paiement du lait à la qualité cellulaire appliquée le 1er janvier prochain», commente Jacky Salingardes, président de la Fédération Nationale des Eleveurs Caprins (FNEC) et de la section caprine FDSEA. «C'est une évolution importante pour les éleveurs qui devront être très vigilants». Différents ateliers étaient prévus sur le bon usage des médicaments et les principes d'utilisation de l'homéopathie et de l'ostéopathie dans les élevages, précédés par les interventions sur la maîtrise des taux cellulaires et la formation d'éleveur infirmier. Si la bonne conduite des élevages caprins est une chose, leur pérennité économique en est une autre.

Prix plancher

La production de lait de chèvre qui a profité d'une remarquable dynamique en Aveyron dans les années 2006-2007 se penche aujourd'hui sur son avenir, dans un contexte économique national qui impose la rigueur. Le plan stratégique diligenté par la FNEC et l'ANICAP (interprofession) vise la maîtrise de la production. Il est très clair pour Jacky Salingardes : «nous devons limiter les volumes pour maintenir les prix qui ne devront pas être en dessous du plancher actuel de 600 euros/1 000 litres». La filière caprine française doit en effet gérer «un surstock» de 40 millions de litres de lait importés des Pays-Bas et d'Espagne «qui se télescope» avec la production nationale atteignant aujourd'hui un plafond, avec une consommation qui stagne. «Ce surstock a été constitué depuis deux ans par opportunisme par les entreprises» explique Jacky Salingardes, «ces volumes sont importés autour de 450 euros/1 000 litres».

Plan stratégique

«Les producteurs français qui subissent des hausses de charges de 13 % ne pourront pas se satisfaire d'un alignement par le bas, en dessous des 600 euros/1000 litres», lâche le président de la FNEC. La profession a donc réfléchi au sein de la FNEC et de l'ANICAP pour élaborer un plan stratégique invitant les entreprises à maîtriser la production «avec une gestion intelligente et partagée avec les producteurs». Ce plan a été élaboré en collaboration avec Christophe Patier, inspecteur général de l'agriculture, lequel l'a transmis au ministère de l'agriculture la semaine dernière. «Il est important que tous les acteurs prennent conscience de ne pas dévaloriser la filière caprine nationale» insiste Jacky Salingardes. «Le ministère devra donc arbitrer».
Les entreprises françaises collectent 550 millions de litres de lait, 125 millions chez les producteurs fermiers. La filière industrielle compte quatre leaders, les coopératives du GLAC (135 millions de litres) et d'Eurial-Poitouraine (120 millions), l'industriel Lactalis (70 millions) et la société Triballat (50 millions). 95 % du lait collecté par les industriels est transformé en fromages. L'Aveyron compte aujourd'hui 220 producteurs qui produisent 40 millions de litres de lait, deux fois plus qu'il y a dix ans.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires