Les éleveurs demandent à l'État d'agir... : Pour leur “légitime défense”

Patricia Olivieri

Pour sa première visite “agricole” cantalienne, le préfet de Région est reparti avec une pleine feuille de route. Des “devoirs” que les syndicats aimeraient voir bouclés à la rentrée.

Faut-il y voir un gage donné à ceux qui lui avaient lancé un ultimatum voilà quelques semaines sur l'épineux dossier de la valorisation du lait destiné aux AOP fromagères ? Peut-être... Quelles que soient les motivations qui ont poussé le préfet de Région à inclure dans sa tournée cantalienne d'un jour, un temps d'échange sur une exploitation agricole, Patrick Stéfanini avait à l'évidence à coeur de réaffirmer haut et fort sa position quelques jours après une rencontre tripartite producteurs-transformateurs-distributeurs organisée à son initiative. “Je reste attaché à une revalorisation de la CVO en 2010, d'abord parce que c'est la lettre de l'accord (NDLR : signé en 2009 entre transformateurs et producteurs sous l'égide de l'État), ensuite parce que c'est ce que prévoit son esprit. Il y a chez certains la tentation d'appliquer la plus-value AOP en fonction de la situation, ce n'est pas ma conception. Pour moi, cet accord a vocation à s'appliquer quel que soit le prix du lait”, a-t-il affiché lundi sur l'exploitation de Badailhac.

Révolution

Un message clairement distillé à l'attention des entreprises de la filière dont le représentant de l'État a cherché à tester l'argumentaire : “Les entreprises disent être prises en sandwich entre un prix du lait qui augmente et des grands distributeurs qui ne sont pas en mesure d'accroître les prix à la consommation”. La perche était plus que tentante pour le responsable régional du dossier AOP, Michel Lacoste : “Si au niveau des producteurs on avait connu une situation identique à celles des entreprises en 2009, à savoir un prix du lait au plus bas et une hausse du prix des fromages vendus de 20 %, on aurait su faire des résultats positifs !” Et le président du Cif de relever l'exercice bénéficiaire - toutes branches confondues - du groupe 3 A l'an dernier et de condamner l'attitude des transformateurs en général : “Qu'ils ne soient pas d'accord sur le niveau de l'augmentation, soit. Mais qu'ils refusent toute hausse, c'est nous, et vous, prendre pour des cons !” D'où la demande des responsables agricoles d'une pression plus forte et directive de l'État auprès des transformateurs. “Il faut savoir si on veut faire une révolution pour nos AOP. Nous, on a choisi de changer les choses. On souhaite y aller avec les entreprises, mais si elles ne bougent pas, il se passera quelque chose à un moment donné”, lâchait M. Lacoste. “Message reçu”, a répondu P. Stéfanini qui s'est engagé à une reprise des négociations début septembre. Des négociations qui, pour les syndicats, ont tout intérêt à aboutir - positivement - avant une autre échéance, celle du Sommet de l'élevage début octobre.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Source L'Union du Cantal

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier