Les entreprises de drainage en marche vers la labellisation

Raphaël Lecocq

Ludovic Mayer, président de l’Andhar et entrepreneur spécialisé, en région lorraine

Présente pour la première fois au Salon de l’Agriculture, l’Association nationale de drainage et d’hydraulique agricole responsable (Andhar) se lance dans un processus de labellisation. Objectif : obtenir la reconnaissance officielle des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie dans les deux ans à venir.

Accusé de porter atteinte aux zones humides, le drainage a mauvaise presse. La pratique est pourtant très encadrée, depuis l’adoption de la loi sur l’eau en 1992 et de différents autres textes. Le Code de l’environnement fixe à 20 ha le seuil à partir duquel un chantier de drainage doit faire l’objet d’une déclaration et 100 ha pour une autorisation. Dans les zones humides, les seuils tombent respectivement à 1 ha et 0,1 ha. Dans ces conditions, où est le problème ? « Il est en grande partie lié à la caractérisation des zones humides, pas officiellement caractérisées, et qui peuvent faire l’objet d’interprétations variables selon les pédologues », répond Ludovic Mayer, président de l’Andhar. « Certaines entreprises de drainage ne sont pas toujours scrupuleuses sur le respect des textes de loi. L’objectif de l’Andhar, c’est de labelliser les entreprises responsables et de les faire reconnaitre en tant que telles par les agriculteurs et par les pouvoirs publics ». Précisons que les chantiers de drainage concernent exclusivement les parcelles à usage agricole.

Le drainage, une pratique à haute valeur agronomique et économique, sans impact écologique dans les terres agricoles

Label’andhar

Dans le domaine de l’eau, les pouvoirs publics sont représentés par la « police de l’eau », autrement dit par les agents de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema). De son côté, l’Andhar fédère environ 35 entreprises spécialisées. Mais le drainage reste une activité marginale, rarement exclusive au sein des entreprises compétentes. En période de crise, avec un coût estimé entre 1500 et 3000 €/ha, les chantiers se font rares, même si la rentabilité de l’opération dans les sols hydromorphes ne souffre pas la contestation. Fédérer les intervenants que sont les entreprises et les Cuma, reste un défi permanent pour l’Andhar. La création du Label’andhar, qui sera finalisée d’ici au mois de juin, pourrait y contribuer. Le label a surtout vocation à convaincre les pouvoirs publics que les futurs détenteurs du label apporteront la garantie de pratiques responsables. A moyen terme, l’Andhar espère que le label sera reconnu par les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie. Preuve du caractère durable du drainage, l’Andhar souligne que les agriculteurs bio sont les premiers adeptes de la technique.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier