Les injustices inadmissibles dont les anciens exploitants sont victimes

Renaud Saint-André

Les présidents de la FDSEA et de la FRSEA et les anciens exploitants du Cantal et d’Auvergne attentifs aux propos de Daniel Bouzat.

La section des anciens exploitants agricoles était réunie en assemblée générale sous la présidence de Géraud Fabre, qui a rappelé le taux anormalement bas des pensions de retraite. 

“Comment traiter de cette manière ceux qui ont bâti l’économie du pays ?” Patrick Bénézit, président de la FDSEA, est outré qu’aucun élu ne se soit rendu à l’assemblée générale de la section des anciens exploitants agricoles. Une absence remarquée et sévèrement critiquée par les adhérents venus nombreux à Badailhac, ce 28 septembre. D’autant que le président, Géraud Fabre, a profité de cette assemblée pour passer de nombreux messages. D’abord, sur le montant des retraites. “L’an dernier, je soulignais combien il était bas ; il est le même cette année”, déplore-t-il, considérant que les 2,1 % accordés le 1er avril dernier “ne se voient presque pas”... Le montant minimum d’une retraite agricole est de 672 € et celui d’un conjoint (ou d’un aide familial) de 534 €. Bien inférieurs aux 954 €  net mensuels du seuil de pauvreté ! 

“Rien ne va plus”

“Aujourd’hui, rien ne va plus, tout augmente et dans de fortes proportions”, martèle Géraud Fabre, en citant le pétrole, les assurances, le coût de la santé... En s’indignant qu’un couple soit obligé de vivre avec l’équivalent d’un seul Smic pour deux, le président des anciens exploitants réclame avec force que soit appliquée la promesse faite par les politiques d’un minimum de 85 % du salaire minimum légal, pour ceux qui n’ont jamais connu les 35 heures et si peu de dimanches. Et au-delà de la vie quotidienne des retraités valides, la section des anciens s’inquiète vivement de la situation de celles et ceux que le grand âge rendra dépendants. Sujet brûlant de l’actualité (voir ci-dessous), la prise en charge de la dépendance a d’ailleurs longuement animé les débats, avec notamment l’intervention de Daniel Bouzat, directeur adjoint de la Solidarité départementale au Conseil général. Celui-ci a rappelé l’ensemble des dispositifs, des équipements et des services mis à disposition, tant pour le maintien à domicile que pour l’hébergement en établissement, soit un budget total de 24 millions d’euros que consacre le Département. La prestation de l’Apa (Allocation
personnalisée d’autonomie) est versée à 5 000 Cantaliens, dont 2 000 sont dans une des 35 maisons de retraite que compte le Cantal.

La dépendance

Daniel Bouzat soulignait la priorité donnée au maintien à domicile et la médicalisation des établissements (avec notamment des unités Alzheimer) lorsque les conditions du maintien ne sont plus possibles. Pour être conseillé par des professionnels, des guichets uniques de proximité, des “Maisons de l’autonomie”, sont mis en place à Aurillac, Saint-Flour et prochainement à Mauriac.  
Un responsable de la complémentaire Mutualia, négociée par la Fédération des anciens exploitants d’Auvergne, représentée par le président régional Jean-Claude Chalencon, est également intervenu au cours de cette assemblée. 
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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