Les JA Cantal n’en peuvent plus des contraintes

C.Jahnich/APAP

Les JA Cantal n’en peuvent plus des contraintes
Les interventions des cantons, ont une nouvelle fois fait passer des messages forts avec humour. - C.Jahnich/APAP

Le 57e congrès départemental des JA s’est tenu vendredi 3 avril à Ally. L’occasion de dénoncer encore une fois, et en bloc, toutes les aberrations qui plombent l’avenir du métier.

Quand les JA sont très très remontés, ils envoient des invitations. Au représentant de l’État, notamment. “Vous nous accusez de ne pas bien faire notre travail, alors il va falloir nous démontrer comment on peut bien s’occuper de nos bêtes, en plus de toute cette paperasse ! Venez avec les contrôleurs voir toutes les contraintes que vous mettez sur nos exploitations !”, a lancé Benoît Aurière, le président du  syndicat jeune, en s’adressant à Madjid Ouriachi, sous-préfet de Saint-Flour, lors du congrès du 3 avril à Ally. Des contraintes, des normes, des règles, des lois,… les jeunes agriculteurs n’en peuvent plus.

“On veut pouvoir produire”

La réforme de la Pac, la réforme territoriale, les prairies sensibles, et maintenant, les zones vulnérables avec le classement confirmé de douze communes du département,… Encore une aberration, une de trop ! “On ne sait pas où l’on va. Nous, on veut pouvoir produire, garder des voisins et faire vivre économiquement nos territoires ! Voulez-vous des agriculteurs ou des paysagers ? Croyez-vous encore à cette jeunesse que vous avez devant vous ?”, a poursuivi Benoît Aurière. Quand  les JA sont en colère, ils offrent aussi des produits du terroir. À la DDT notamment, pour la “remercier” de son travail sur les zones vulnérables : tenez, un gros sac de fumier ! Et pour l’accompagner, un discours bien senti. “On attendait des réponses, et au lieu de ça, vous nous enfoncez encore plus ! Pourquoi avoir donné un avis favorable à une carte absurde ?”, ont invectivé les JA du canton de Montsalvy à destination du représentant de l’administration, François Verilhac, déplorant ouvertement l’absence du directeur, Richard Siebert. Pourquoi ? Les JA voudraient comprendre, donner du sens à ce classement alors que “l’État n’a pu apporter aucune preuve de son utilité”. “Vos inquiétudes ont été entendues, nos services se sont mobilisés sans délai”, a répondu le sous-préfet de Saint-Flour, ajoutant que la concertation engagée localement avait permis, en ajustant les principes de zonage, de diminuer des deux tiers la superficie délimitée dans le projet initial.

Divergence sur le financement

“Maintenant, la question est de savoir comment accompagner au mieux les éleveurs pour que cette mise aux normes se fasse le moins douloureusement possible”, a poursuivi Madjid Ouriachi. “Sur le plan technique, les chambres d’agriculture et nos services sont prêts à aider ceux qui en ont besoin”, a renchéri M. Verilhac, tout en reconnaissant, sur la question du financement, “une divergence avec la profession agricole”. “Financer des bâtiments pour stocker de la merde dessous ? Pas touche aux fonds prévus pour la modernisation, l’État doit payer !”, ont averti les JA qui n’ont pas dit leur dernier mot : avec la FDSEA du Cantal, ils demandent une dérogation à la mise aux normes en zone de montagne et promettent d’attaquer en droit les arrêtés qui viennent d’être pris.

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