Les Jeunes agriculteurs veulent réserver les aides PAC aux actifs

Lise Monteillet

Les Jeunes agriculteurs veulent réserver les aides PAC aux actifs
Jérémy Decerle a présidé le congrès des Jeunes agriculteurs à Dunkerque, malgré un malaise cardiaque quelques jours plus tôt.

La prochaine PAC n’est pas pour tout de suite mais les travaux de réforme sont déjà engagés. Les Jeunes agriculteurs l’ont bien compris en fixant les grandes orientations qu’ils souhaitaient voir mises en œuvre, lors de leur congrès, du 6 au 8 juin, à Dunkerque.

« 20 % du budget PAC » pour les jeunes

« J’entends chaque ministre, chaque commissaire, chaque membre du Parlement dire la même chose : on a besoin de renouvellement dans l’agriculture. Si c’est aussi important, il faut mettre des mesures sur la table », lance Jannes Maes, vice-président du Ceja. Ce dernier propose de consacrer 20 % du budget de la PAC à ce sujet, en instaurant des aides spécifiques pour les jeunes dans toutes les mesures existantes.

Des aides ciblées aux agriculteurs actifs, qui favorisent le renouvellement des générations et qui améliorent la gestion des risques : telles sont les lignes directrices du syndicat. Un programme ambitieux qui nécessite une PAC forte.  « Il faut augmenter le budget de la PAC, souligne Vincent Touzot, membre du bureau JA. « Beaucoup de gens rigolent peut-être en nous entendant. Mais l’Europe ne peut pas être le seul continent à diminuer son budget consacré à l’agriculture »« Le Brexit ne peut pas être une excuse pour diminuer le budget de la PAC », renchérit Jannes Maes, le vice-président du conseil européen des Jeunes agriculteurs (Ceja), invité à participer à une table ronde. 

Renforcer le budget peut paraître impossible dans le contexte européen actuel. Un certain nombre d’acteurs milite pourtant pour briser le plafond de verre. Une position partagée par Eric Andrieu, député européen, lui aussi invité à s'exprimer. « On doit avoir l’ambition d’un budget beaucoup plus fort », insiste-t-il.

Des aides ciblées aux actifs

Le représentant européen estime par ailleurs que « la question de l’agriculteur actif doit être un élément de conditionnalité des aides ». Car derrière la notion d’agriculteur actif, c’est la vitalité de la ruralité qui est en jeu, souligne le député.  « On ne peut pas créer un système dans lequel les gens perçoivent des aides pour ne rien faire. Il faut aider les actifs, avec une définition claire de l’agriculteur », souligne Jannes Maes.

Ériger une telle définition n’est pas chose facile. L’activité des producteurs d’Europe du Nord est très souvent réduite l’hiver en raison des conditions météorologiques. Dans les pays de l’Est, de nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi n’ont pas d’autre solution de repli que de pratiquer une agriculture de subsistance. Une définition commune de l’agriculteur actif risque de ne pas tenir compte de tous ces particularismes. C’est pourquoi Jérémy Decerle, le président des JA, propose de « donner un cadre européen avec des critères identiques mais avec des curseurs de déclenchement différents » en fonction des États membres.

Des propositions sur la gestion des risques 

Les Jeunes agriculteurs ont consacré leur rapport d’orientation à la gestion des risques. Ce document a nécessité 7 heures de débat et 130 amendements avant d’être adopté. Le syndicat souhaite que la PAC se saisisse de ce sujet.

En la matière, le CEJA n’attend pas de « révolution mais une évolution vers de nouveaux outils » selon Jannes Maes. Les assurances et l’épargne de précaution ont été évoquées. Mais les Jeunes agriculteurs ne souhaitent pas leur donner un caractère obligatoire. Le député européen Eric Andrieu les met d’ailleurs en garde contre « le lobby assurantiel » qui ferait pression pour « transférer des volumes d’argent public vers le système assurantiel ». Ce dernier ne croit ni au « dogme assurantiel », ni au « dogme contracylcique », se montrant plutôt favorable à une « combinaison d’outils ».

Les Jeunes agriculteurs souhaitent en revanche rendre systématique la réalisation d’un plan de gestion des risques avant toute installation ou projet de développement. De même, le syndicat milite pour la création d’un « organisme de conseil qui pourra informer les agriculteurs sans leur vendre d’assurance ». L'intérêt : séparer les activités de conseil et de vente.

La prochaine réforme de la PAC sera très certainement retardée. Prévue initialement en 2020, elle n’interviendrait pas avant 2021 ou 2022. Le ministre de l’Agriculture a quant à lui annoncé une conférence nationale sur la PAC dès cet automne.

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Commentaires 27

pierre

Les J.A parlons en : je suis exploitant suractif pendant ma retraite de 500€ et les JA ne sont que des prétentieux qui ne m'ont fait que du tort mème quand j'avais 25 ans et pendant mes 40 ans d'exploitation et je les em …
Tout pour eux , rien pour les autres ...

@ddrs

La region ile de françe est très riche c est un bassin énorme de population qui rentre bcp de pognon la péréquation devrait être la règle envers les autres régions , de plus c est une aide aux agriculteurs déjà les plus aisés et aidés

ddrs

la région ile de France aide ses agriculteurs , tant mieux pour eux !!!!!!!
pourquoi les autres régions ne suivent pas ????????????????????????????,
en Poitou-Charentes la dinde a tellement jetés d'argent par les fenêtres ,
la région nouvelle aquitaine va surement sortir ca comme arguments bidons
la plus grande région agricole nous laissent crevé pire que des chiens

maximouk

cette année pour tous les cerealiers d'ile de france en tres grandes difficultées c'est bien connu , la region file 30€/ha , et depuis peu 2.6€/ha pour de la souscription au conseil et , reliquats et analyse remboursée , les nantis se gavent

AGREGATS

il faut caler la PAC au revenu fiscal de l'exploitation et du ménage et étudier la situation des pluriactifs...

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