Les producteurs de porcs maintiennent la pression : Blocage à l'abattoir de Capdenac

Didier BOUVILLE

Les producteurs de porcs maintiennent la pression : Blocage à l'abattoir de Capdenac

Des producteurs de porcs ont bloqué l'entrée de l'abattoir de la Fipso (Filière porcine du Sud-Ouest) à Capdenac-Gare mardi dès 5 heures et durant la matinée, jusqu'à la sortie de la négociation jugée tendue avec les responsables du site. La filière se réunira le 26 février à Toulouse.

Une trentaine de producteurs de porcs de l'Aveyron, du Lot, du Tarn, de Corrèze et du Cantal ont bloqué et filtré, mardi matin à l'aube, l'entrée de l'abattoir Fipso (1) de Capdenac-Gare. Cette nouvelle action ciblée sur des entreprises de transformation était lancée à l'appel de la FNP (Fédération nationale porcine) relayé par les FDSEA et les JA. La FNP espère pousser l'aval à répercuter la hausse amorcée jeudi dernier au marché du cadran breton, dans cette bataille des marges qui dure déjà depuis plusieurs semaines (lire encadré). Mercredi matin, c'était au tour de la salaisonnerie Polette et Compagnie à Teilhède-Riom (Puy-de-Dôme) d'être bloquée par une quarantaine de producteurs malgré la neige, en attendant les actions prévues la semaine prochaine chez Madrange près de Limoges et à l'abattoir de Thiviers en Dordogne.

Réunion à Toulouse le 26 février

Une deuxième réunion inter-régionale de la filière (producteurs, abatteurs, salaisonneries (2) et distributeurs) est programmée vendredi 26 février à Toulouse, animée par le DRAF et sous l'égide du préfet de Région, afin de mettre en place un «accord interprofessionnel» et «un prix de seuil plus réaliste» que celui du marché breton qui était de 1,057 euro/kilo cette semaine.
«Le coût de production moyen dans notre région est actuellement de 1,40 euro/kilo» résume Laurent Noyé, président de la section porcine FDSEA de l'Aveyron. «L'objectif pour la profession est un prix de 1,80 euro/kilo. En trois ans, les éleveurs de porcs ont déjà perdu plus de 30 euros par carcasse. Le marché du cadran breton est bloqué à 1 euro/kilo, ce que l'on veut, c'est qu'il le soit au moins à 1,30 euro/kilo. Et que ce prix soit la base !» demande-t-il.

«Discours de vérité»

Aux termes d'une heure et demie «de négociations tendues» avec l'abattoir Fipso de Capdenac-Gare, le principe d'organiser une réunion interprofessionnelle à Toulouse le 26 février a été plutôt bien perçu par les responsables de l'abattoir coopératif aveyronnais, son président Robert Gabriac et le directeur Patrick Le Foll. «A une condition que ce cadre soit national et qu'il réunisse toutes les familles professionnelles» insiste Robert Gabriac, «car une filière locale comme la nôtre ne peut pas se désolidariser du prix du marché, c'est ce discours de vérité que nous avons tenu aux producteurs. Un prix ne se décrète pas, c'est le marché qui le fixe. Et le partage de la valeur ajoutée se gagne sur l'ensemble de la filière. Je comprends l'inquiétude des producteurs, dont je fais partie, il faut un éclaircissement national en effet, et un prix de seuil à fixer. C'est la question». Les responsables de l'abattoir de Capdenac évoquent aussi la nouvelle loi de modernisation agricole qui arrive à un moment clé dans le débat sur les marges, «qui met en avant les interprofessions et le principe de la contractualisation». Pour l'heure, les producteurs ne lâchent rien. «La Bretagne suit aussi le mouvement» affirme François Constans, président de la FRP.

Source La Volonté Paysanne

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires