Les producteurs exigent la revalorisation des prix du lait

Delphine Barel

La collecte laitiÈre mensuelle en France depuis janvier 2011
La collecte laitiÈre mensuelle en France depuis janvier 2011

La revalorisation des prix du lait de 25 €/1 000 litres dès le mois d’avril ne sera pas perçue par tous les producteurs laitiers de Loire-Atlantique. Rappels sur la bataille syndicale menée depuis plusieurs mois.

«Savoir que les 25 €/1 000 litres attendus sur le mois d’avril ne seront pas payés, c’est inacceptable ! » Voici en substance ce qu’estiment les producteurs laitiers au sujet des prix du lait de ce second trimestre, à la lecture des diverses communications des entreprises laitières du département.
Les producteurs du département s’énervent et voient que l’application des propos du médiateur est repoussée de mois en mois. « Est-ce que nos entreprises espèrent noyer le poisson en pensant que les travaux dans les champs nous empêcheraient de réagir ? » Pourtant ces 25 €/1 000 litres semblaient être acceptés par la filière et légitimés par le médiateur. Où se situe le problème ?

Rappel des faits

Après des mois de pression syndicale, la FNPL avait obtenu en avril la tenue d’une table ronde nationale. Toute la filière, de la grande distribution aux producteurs, était conviée à ce rendez-vous présidé par le ministre de l’Agriculture. Au final, le constat des difficultés des producteurs était partagé par tous et un médiateur avait été nommé dans l’objectif de traiter le problème conjoncturel laitier avec un résultat concret pour les producteurs sur le mois d’avril.
Tractation après tractation, il semblait possible, fin avril, d’arriver à un consensus. Le médiateur a communiqué en ce sens et jugeait une augmentation d’au moins 25 €/1 000 litres du prix du lait dès avril « possible » et « souhaitable ». En Loire-Atlantique, cela représentait sur avril une attente d’au minimum 310 €/1 000 litres pour les producteurs des entreprises comme Laïta, Eurial et Lactalis.

Mauvaise surprise

Les producteurs laitiers ont donc entamé les ensilages d’herbe et les semis de maïs avec des perspectives plus positives pour cette nouvelle campagne laitière. « Et c’est avec colère qu’on a compris, la semaine dernière, que les 25 € ne seront pas pour nous en avril » témoignent les coopérateurs comme les producteurs livrant aux entreprises privées du département, « pourtant, on misait sur cette revalorisation pour payer les factures… Il ne s’agit pas d’attendre fin mai pour faire bouger les lignes ».

La bataille continue

Loin d’être résignés, la FDPL 44, la FNSEA 44 et Jeunes Agriculteurs 44 ne veulent pas lâcher sur cette question des prix du lait. « Ailleurs, les transformateurs ont annoncé pouvoir revaloriser le prix du mois d’avril et il n’est pas acceptable que d’autres entreprises n’arrivent pas à suivre » affirme Christophe Sablé, président de la FDPL44. « Les producteurs ne peuvent pas être pris en otage entre les charges et les prix du lait plus longtemps » a-t-il affirmé. Le combat syndical se poursuit. « Nous ne resterons pas sans réaction devant cette absence de considération des producteurs de notre région », alertent les deux syndicats.

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