Les Salers pas de la peur

Raphaël Lecocq

Frédéric Breuil (à gauche) et Mickaël Jung

Sélection, compétition, passion, addiction, frustration : tout éleveur sélectionneur peut traverser ces différents stades. Frédéric Breuil et Mickaël Jung, éleveurs de Salers, s’en prémunissent.

La frustration ? « En sélection comme dans tout type de compétition, la frustration fait partie du jeu ». Mickaël Jung est éleveur sélectionneur de Salers à Saint-Genes-la-Tourette (63). Son Taureau Imanol a décroché un 2ème prix. Pas un instant l’éleveur ne songerait à contester le résultat. « Le 1er paie la Champagne », rigole-t-il. La sélection, l’éleveur est « tombé » dedans au cours de ses études. C’était il y a 15 ans, à l’occasion d’un stage. « C’est un peu une drogue », avoue l’éleveur. « On essaie de vendre des animaux mais on s’en achète aussi entre collègues. On n’a pas le choix si on veut faire progresser la race. Mais faut pas s’enflammer ».

Paris reste Paris

Même son de cloche (de Salers) chez Frédéric Breuil, installé à Rilhac-Xaintrie (19). Son Gaspard, fils de Champion, couronné à Paris en 2010, a décroché le 3ème prix de sa catégorie. Ça fait toujours une plaque de plus », se satisfait le jeune éleveur de 32 ans. « On ne sait plus où les mettre ». Si Paris reste Paris, la plupart des éleveurs enchaînent en effet les concours, à raison de trois, quatre ou cinq rendez-vous annuels. Ca multiplies les chances de décrocher des prix. Les frais aussi. « Monter à Paris 10 jour, c’est 2500 euros », relève Frédéric Breuil. Et cette année franchement, on n’a pas trop distribué de cartes auprès de clients potentiels. Pas sûr que je retente l’année prochaine ». Pas sûr qu’on croit l’éleveur.

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