Limousines : La bonne génétique des éleveurs cantaliens

C.F.

Exemplaires en matière de génétique, les éleveurs ne sont pas pour autant épargnés par la crise.

La limousine se porte bien. Trente ans d'implantation qui se sont traduits par l'augmentation des effectifs, c'est-à-dire aujourd'hui, 20 000 mères sur le Cantal pour 450 éleveurs, 75 adhérents au contrôle performances et 50 au syndicat. Et, pour le président, Paul Besson, qui avait réuni ses troupes pour l'assemblée générale à Clavières le 3 août, “la qualité est en hausse. Le niveau technique des troupeaux cantaliens est reconnu par les instances de la race et fournit des reproducteurs aux stations d'évaluation locales et nationales pour être diffusés par insémination artificielle. Les éleveurs du Cantal ont donc su utiliser tous les outils mis à leur disposition par l'organisme de sélection. Ils confortent d'ailleurs ces mêmes outils par leur propre production. C'est la traduction d'un travail bien fait, qui contribue à diffuser la limousine dans le Cantal et dans toute la France”.

“Nous ne pourrons pas faire le grand écart”

Pour ce qui est du volet de la commercialisation, entre la sécheresse et la conjoncture, le président a souligné “le manque de pouvoir d'achat dans les ménages pour lesquels la viande reste en effet chère à l'achat et paradoxalement, des prix à la production qui restent bas. Les producteurs ne pourront pas faire le grand écart… Les produits que l'on achète augmentent et ceux que l'on vend diminuent. Notre marge de manoeuvre est quasiment inexistante. Réduire davantage nos charges n'est plus possible, car elles sont devenues incompressibles. C'est une politique de prix à la production à la hausse qu'il nous faudrait sans que les prix en boucherie n'augmentent pour autant. Nous ne gagnons pas notre vie et le consommateur ne peut pas acheter : pourquoi ? C'est pourtant bien la question qui se pose”…

 

L'espoir à l'export

À l'export, les ventes restent peut-être une solution pour les éleveurs : “Italie, Maghreb, Turquie, Liban ont peu d'élevages et beaucoup de consommateurs. Ces pays reviennent vers le marché français. Aujourd'hui, ce regain d'intérêt pour notre production nous permet d'envisager de dégager des animaux finis ou à demi-finis avec de réelles perspectives pour le marché du maigre. En outre, nous serions ainsi peut-être moins tributaires du marché italien et pourrions donc espérer une augmentation des prix à la production.” Le souhait est aussi de développer l'export dans les pays de l'Est pour les reproducteurs “car la demande en génétique française y est croissante. Cette exportation ne peut pas être sans conséquence sur les prix au niveau des éleveurs français de limousines qui s'adaptent bien partout et possèdent de réels atouts”. L'autre voeu aussi est que ce marché se pérennise, “pour une vraie lisibilité à terme en faveur de nos exploitations et des prix en augmentation. Mais nous ne désespérons pas que les choses s'arrangent pour les éleveurs de limousines, sachant que cette problématique est celle de tous les éleveurs”.









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Source L'Union du Cantal

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