Limousins : Miser sur la carte de l'engraissement

P. OLIVIERI

Le syndicat cantalien des éleveurs limousins souhaite profiter de la dynamique de ses adhérents pour construire une filière départementale de valorisation d'animaux finis.

Longtemps restée dans l'ombre des autochtones salers et aubrac, la race limousine affiche aujourd'hui avec fierté une progression constante. En 2008, ce sont ainsi 600 vaches mères supplémentaires qui ont été recensées, plaçant ainsi avec 30 000 animaux au total la limousine en troisième position des races allaitantes dans le département (avec 12 % des effectifs des troupeaux allaitants). Une position que le syndicat des éleveurs de limousines du Cantal, qui tenait le 8 juillet son assemblée générale à Labesserette, espère bien voir conforter notamment via la mise en place du programme génétique départemental.
Et cette génétique semble d'ores et déjà porter ses fruits dans les élevages cantaliens comme en attestent les résultats des 72 cheptels inscrits au contrôle de performance, la valeur génétique des taureaux qualifiés en 2008 (index sevrage proche de 104) ou encore des critères de reproduction particulièrement satisfaisants. Des données qui n'en font pas moins oublier, comme l'a rappelé le président Paul Besson, un contexte 2008 marqué par les aléas sanitaires et le marasme commercial qui les a accompagnés.

Un défi et engagement collectif

Pour autant, ces difficultés ne sauraient arrêter la dynamique limousine cantalienne. Partant des conclusions d'un travail effectué en 2008 par un stagiaire sur la filière viande départementale, les responsables du Syndicat ont incité les éleveurs limousins à saisir l'opportunité de besoins locaux avérés en s'engageant davantage dans la voie de l'engraissement. “Ce serait quand même dommage que des animaux finis dans le Cantal aillent se faire abattre ailleurs et que les filières locales continuent de s'approvisionner à l'extérieur”, a lancé le président. Alors, pour conserver “la plus-value chez nous” et relever ce challenge, le Syndicat appelle à un engagement collectif, à la fois des éleveurs, des opérateurs d'amont et d'aval privés comme coopératifs, mais aussi des banques et collectivités territoriales. Et Paul Besson d'évoquer de possibles aides à négocier avec les banques pour aider les éleveurs à conserver et finir les animaux, une contractualisation entre fournisseurs d'aliments et éleveurs, un soutien au désaisonnement ou encore une grille de prix incitative.
Un appel qu'a conforté Jean-René Caldayroux dont l'élevage a été visité l'après-midi : “Il faut s'entêter dans cette filière et rester optimiste”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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