LMA : La « mal-bouffe » et le mal-être des exploitants en toile de fond

L'Assemblée nationale a commencé mardi l'examen du projet de loi modernisation de l'agriculture (LMA) censé lancer « une politique publique de l'alimentation » et « défendre » le revenu des agriculteurs, sur fond de polémique autour d'un amendement facilitant l'extension des élevages.

« L'alimentation est une question de santé publique: personne ne peut se satisfaire de l'augmentation de l'obésité en France, en particulier dans les catégories sociales les plus défavorisées », a déclaré le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire. Le ministre s'exprimait au lendemain de la diffusion d'un documentaire sur la « mal-bouffe » sur France 3 (pesticides dans les fruits, PVC dans les poissons, antibiotiques dans la viande de porc...).

« Sur la base de ce projet politique, nous fixons un objectif économique à cette loi: défendre le revenu des agriculteurs et des pêcheurs », a poursuivi M. Le Maire. Chute du revenu des agriculteurs, exploitations qui ferment, jeunes qui ne s'installent plus: la situation sociale difficile des campagnes pèse sur les débats. « Nous voulons encadrer les marges en période de crise, grâce à l'accord qui a été signé avec la grande distribution sous l'autorité du président de la République », a déclaré M. Le Maire en référence à un document signé à l'Elysée
le 17 mai.

Le ministre s'oppose à l'amendement Le Fur

Autre volet : l'inévitable conflit d'intérêt entre les défenseurs de l'environnement et les partisans de l'agriculture intensive. Adopté en commission, l'amendement Marc Le Fur (UMP/Côtes d'Armor), qui veut faciliter l'extension des élevages porcins, a suscité la colère des écologistes, inquiets d'une recrudescence des algues toxiques.

Le ministre s'est opposé à cet amendement, tout en voulant « trouver un compromis entre les exigences environnementales et la nécessité d'améliorer la compétitivité des éleveurs de porcs en Bretagne comme ailleurs ». « L'agriculture concentrationnaire sera de plus en plus acceptée par notre société », a déclaré le secrétaire national PS à l'Agriculture, Germinal Peiro qui a reproché au ministre de défendre un modèle « libéral ».

« Je suis libéral aux yeux du PS français, interventionniste et étatique aux yeux des 26 autres membres de l'Union européenne, et néo-marxiste pour les Etats-Unis », a répondu, ironique, Bruno Le Maire, estimant que la France était « à la pointe de la régulation ».

Source d'après AFP

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