Loi de finances : Crédit d'impôt divisé par deux pour les agriculteurs bio

La loi de finances votée à la mi-décembre prévoit de réduire de moitié - de 4.000 à 2.000 euros - le crédit d'impôt dont bénéficient les agriculteurs bio. Les critiques se multiplient contre cette baisse mais le gouvernement assure qu'elle sera compensée par des aides européennes.

Le gouvernement français a réaffirmé mardi son engagement pour le développement de l'agriculture biologique, en réponse aux critiques sur la baisse du montant du crédit d'impôt encourageant ce type de culture.

Le secteur bénéficiera, jusqu'en 2012, d'un crédit d'impôt de 2.000 euros par exploitation (au lieu de 4000 euros l'an passé). Dans un communiqué commun, les ministres de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet et de l'Agriculture Bruno Le Maire font valoir que cette baisse sera compensée par des aides européennes.

En 2011, la France bénéficiera d'une augmentation des aides européennes pour le bio. Celles-ci s'élèveront à 84 millions d'euros en 2011 (pour la conversion à l'agriculture bio et le maintien de celle-ci) contre 71 millions en 2010, soit une hausse de 18%, précisent Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire.

Le crédit d'impôt pourra être cumulé aux aides européennes jusqu'à un montant global de 4.000 euros et permettra ainsi de compenser « la réduction » du crédit d'impôt, selon le communiqué.


Ces derniers jours, les critiques se sont multipliées contre cette baisse alors que la France, avec 2,6% des terres agricoles consacrées à la production biologique, peine à atteindre les objectifs du Grenelle (6% des terres bio en
2012 et 20% en 2020).

« Il s'agit d'une véritable trahison, d'un reniement insupportable », selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. La Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) a exprimé son « mécontentement » et sa « déception ». La FNAB souhaite que les cotisations payées par les agriculteurs bio reviennent désormais à leur secteur.

« Aujourd'hui les cotisations versées par les agriculteurs, y compris par ceux qui font du bio, financent l'agriculture traditionnelle. Il faut que cela cesse », estime Dominique Marion, président de la FNAB.

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