Loups : vers une gestion différenciée selon les régions

S C avec AFP

Loups : vers une gestion différenciée selon les régions

Le nouveau "plan loup" 2013-2017, dont les grandes lignes ont été révélées mardi, doit entrer en vigueur au printemps. ll doit notamment assouplir les procédures administratives permettant aux éleveurs de pratiquer des tirs et simplifier les indemnisations après des attaques pour faciliter la cohabitation entre le prédateur et les éleveurs.

La gestion des loups, au nombre de 250 en France aujourd'hui, sera désormais "différenciée" selon les régions, en fonction des pratiques d'élevage et des risques d'attaques, annonce  les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture. Une volonté de "territorialiser" la gestion de l'animal  qui répond au fait que la "pression" du prédateur est très différente d'une région à l'autre.Entre 2011 et 2012 dans les Alpes de Haute-Provence,"la prédation a diminué de plus de 70% dans la vallée de l'Ubaye, mais a progressé de 40 % dans le Haut-Verdon et de 400 % dans la vallée de l'Asse, selon les données officielles.

"Le loup est et restera une espèce strictement protégée. Il est néanmoins possible de tenir compte de la bonne dynamique de population de l'espèce afin de mettre en place une gestion plus fine", ont-ils indiqué après une réunion du "groupe national loup".

De nouvelles "modalités de calcul" permettront d'augmenter régulièrement le nombre maximal de loups pouvant être abattus chaque année pour suivre la croissance du nombre de prédateurs, a indiqué la ministre de l’Écologie Delphine Batho. Ce "plafond", pour l'ensemble de la France, est fixé à onze pour 2012-2013. Le plan prévoit ainsi un "suivi biologique plus réactif" de l'espèce pour mieux mesurer son évolution localement.

Éduquer les loups

Le groupe national loup, qui regroupe des parlementaires, des experts, des représentants agricoles et des associations, a également pour ambition "d'éduquer le loup" en le détournant des troupeaux pour se nourrir. Des expérimentations pourront par exemple être menées pour capturer des loups et ainsi "leur faire peur et les dissuader de faire des attaques", a-t-elle expliqué. Evoquant également un "acte de pédagogie", Stéphane Le Foll a souligné que "les troupeaux ne doivent pas être la nourriture habituelle" du loup.

Le territoire du loup, qui est revenu naturellement au début des années 90 dans les Alpes, est en croissance constante en France avec une "aire de répartition" qui augmente de 25% par an. En conséquence, les attaques de troupeaux augmentent elles aussi avec 5.848 bêtes victimes du loup en 2012 (4.920 en 2011 et 2.680 en 2008).  Les éleveurs sont "à cran", a souligné le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, et les indemnisations, elles, atteignent des sommets, avec quelque 2 millions d'euros versés en 2012.

Ce plan, qui prendra la suite de la version 2008-2012, doit encore faire l'objet d'une consultation du public en mars avant une validation par le Comité national de protection de la nature.

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