Machinisme : Les Cumas proches de la température de fusion

Vendée agricole Rédaction

 Environ 180 responsables de Cuma de Vendée se sont réunis au cours des neuf rencontres de la semaine des Cuma. On s’y accorde sur une nécessité : celle de se regrouper pour envisager l’avenir.

Ça chauffe dans les Cumas en ce début décembre. L'heure est en effet à la réorganisation car elles font pour la plupart le constat qu'elles ne peuvent plus continuer leurs activités sur le schéma de petits groupes de 4 ou 5 exploitations. Le phénomène n'est  pas vraiment nouveau puisque depuis l'apogée des Cumas en 1990 avec  570 Cumas, la réduction se chiffre à une dizaine par an. Et le mouvement s'accélère à la faveur des gros bataillons d'agriculteurs en partance pour la retraite et à la faveur des regroupements d'exploitation. En cela les Cumas ne font en fait que refléter ce qui se vit globalement dans toute l'agriculture. "Et la réduction de leur nombre n'a d’ailleurs rien à voir avec leur activité, puisque leur chiffre d'affaires total à 29,35 millions € en 2012 progresse même de 4,7% Ça chauffe donc dans les Cumas car ces orientations vitales ne se prennent pas sans discussions et la solution pour continuer à offrir un service à la hauteur des attentes de leurs adhérents consiste souvent en une fusion. « Tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde et chacun doit trouver sa Cuma et son mode de fonctionnement » résume Hélène Lalo, directrice section Vendée.

Trouver sa cuma

Ce thème de la fusion ou du regroupement d'activités ou de l’avenir des groupes automoteurs était en tout cas au coeur de plus de la moitié des neuf réunions de la récente semaine des Cumas. Mais ce n'est pas la seule solution, il peut aussi y avoir la recherche de nouveaux adhérents, de nouvelles activités comme le dessilage , le désherbage mécanique ou le déchiquetage du bois pour chaudière. Et puis la confiance en l’avenir peut aussi passer par un nouveau type de fonctionnement en "intercuma".

« La Cuma qui devait investir 115 000 euros il y a trois ans pour un big baller doit à présent en sortir 155 000 », fait remarquer Yvon Guittet, animateur section 85. Le matériel est certes un peu plus gros et toujours plus sophistiqué mais en face les 6000 balles de foin de la Cuma initiale ne suffisent plus pour l’amortir. Il faut donc prendre contact avec les Cumas des cantons, voire des départements voisins. D’autant plus que les surfaces en herbe régressent avec l’élevage.  « Pour plusieurs groupes c’est ça ou l’arrêt de l’activité ensilage ou moisson », observe-t-il à l’issue de la semaine des Cumas. « On ne peut pas se permettre de ne faire travailler de tels engins que 15 jours par an ».

Saisons rallongées pour amortir

Le principe de l’intercuma à saison décalée repose sur le décalage de récolte entre des cantons ou des régions voisines. Il y aurait par exemple en moyenne 8 jours de décalage entre Monsireigne et la Pommeraie sur-Sèvre, deux communes vendéennes distantes de... 25 kilomètres. Ce décalage peut être encore plus conséquent en remontant vers la Bretagne.

Le mouvement est d’ailleurs déjà enclenché : une moissonneuses de la Cuma L’Ancienne, de  Chambretaud a par exemple pris la route les 25 juillet dernier pour se rendre à Cambourg dans le nord de L’Île et Vilaine pour un supplément de campagne d’une quinzaine de jours avec 120 hectares à la clé.  Le big baller de la Cuma La Reinette-Les Ormeaux, de Saint-Martin-des-tilleuls est est lui aussi allé dans le même secteur. Des Cuma de Saint-Sulpice  et du Poiré-sur-Vie travaillent avec leurs correspondantes du nord est Morbihan et celle de la Bruffière est même allée jusque dans le nord Finistère.

Au-delà de l’amortissement des machines, les adhérents y voient aussi l’intérêt d’une ouverture et d’échanges conviviaux.

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