Macron en "terre de conquête" au salon de l'Agriculture

Avec AFP

 Macron en "terre de conquête" au salon de l'Agriculture

Emmanuel Macron s'est dit convaincu que l'agriculture française était une "terre de conquête" samedi au 55e salon du secteur, où il a été accueilli par des sifflets mais aussi des applaudissements, illustration des tensions actuelles au sein d'un monde paysan en pleine réorganisation.

Les incertitudes portent notamment sur l'avenir de la politique agricole commune (PAC), dont la France est l'un des principaux bénéficiaires, après le départ du Royaume-Uni en 2020. Vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens ont fait le constat de leurs divisions sur le sujet.

"On est là pour faire le point sur les professions, le financement, le modèle social, la recherche, préparer les prochaines échéances (notamment) le schéma de la PAC à venir, clarifier les choses, donner de la visibilité à ceux qui vont bénéficier des aides et clarifier les impacts sur les financements des uns et des autres", a dit le président, arrivé dès 07H45 au salon, lors d'une première réunion, à huis-clos, avec les acteurs institutionnels de l'agriculture. Il doit aussi rencontrer dans la journée le Commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan, présent Porte de Versailles.

"Je sais l'importance qu'a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. Je suis convaincu qu'il y a un avenir certain pour notre agriculture mais à inventer ensemble, il y a des décisions difficiles à prendre dans certains secteurs. L'agriculture française est aussi une terre de conquête, il y a beaucoup de choses à faire", a ajouté Emmanuel Macron dans son propos liminaire, auquel la presse a pu accéder.

Capture d’écran 2018-02-24 à 11.10.38

 

Sifflets et applaudissements

Le président est ensuite allé à la rencontre des exposants, arrivant vers 09H30 dans le hall hébergeant la vache Aubrac "Haute", égérie du salon, et l'ensemble des animaux. Il a initialement été accueilli par des agriculteurs déguisés, des bousculades, et des applaudissements, ont constaté deux journalistes de l'AFP.

"Je suis heureux de passer la journée avec des passionnés" a-t-il dit lors de sa rencontre avec Thibault Dijols, l'éleveur de Haute, venu d'Aveyron. "Elle n'est pas farouche, c'est incroyable on dirait presque qu'elle cherche la caresse", a-t-il commenté après avoir caressé le museau de la vache. Plus loin, il a toutefois été sifflé pendant plusieurs minutes par des membres des Jeunes agriculteurs, qui ont brandi des T-shirts portant l'inscription "Attention agriculteurs en colère". "Les éleveurs ont peur des accords du Mercorsur et des importations sur le territoire français", explique Arthur, un jeune céréalier qui a sifflé le président. "Il ne faut pas oublier que les céréaliers et les éleveurs travaillent ensemble, même combat", ajoute-t-il.

Avant l'inauguration, l'Elysée avait fait savoir que M. Macron se déplaçait toujours avec plusieurs costumes de rechange. L'an passé, l'encore candidat à l'Elysée avait reçu un oeuf sur l'épaule, dont il avait plaisanté, affirmant que le jet de projectile relevait du folklore du salon.

"On a toujours un président qui est pugnace (...) Le problème, c'est qu'on est dans un temps compliqué, les exploitations vont mal, le revenu n'a pas augmenté. Le concret, il va falloir qu'il arrive très vite", a expliqué Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale, à la sortie de la rencontre avec le président. Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, présent à la réunion du matin, a indiqué à l'AFP qu'il avait surtout fait passer le message selon lequel les "agriculteurs se sentent abandonnés, qu'ils en ont assez des discours et demandent des actes". Pour déminer le terrain, le président expliqué jeudi à 700 jeunes agriculteurs reçus à l'Elysée sa vision de l'agriculture de l'avenir: il veut la réorganiser en "filières" pour tenter de garantir sa rentabilité tout en la sortant de sa dépendance aux fonds publics européens. Il a aussi laissé entrevoir le lancement d'un système de "préretraites agricoles avec une sortie progressive de l'activité", afin de permettre à un jeune de prendre la suite de ses parents.

L'Europe n'est pas le seul souci des agriculteurs français. Les éleveurs craignent notamment l'importation à taux réduit en Europe de 70.000 tonnes de viande bovine sud-américaine par an, à droits de douane réduits si l'Europe signe un accord commercial avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). La FNSEA estime que la France risque "de perdre 20 à 25.000 exploitations" si l'Europe signe ces accords.

Les inquiétudes sont d'autant plus fortes que les paysans français peinent à gagner leur vie de leur travail en raison de la guerre des prix impulsée par la grande distribution. "Il y aura des contrôles, regardez-moi bien dans les yeux, il y aura des contrôles et des résultats concrets" a promis M. Macron à agriculteur déguisé en vache qui se plaignait de "la grande distribution qui se moque de nous".

Capture d’écran 2018-02-24 à 11.14.19

Emmanuel Macron avec Florian Breton, le fondateur de la startup Miimosa.

Sur le même sujet

Commentaires 10

beberino

je trouve que les paysans sont de bon mouton ,macro leur tond la laine sur leurs dos et ils lui souhaite la bienvenu a leur salon!!!!!

SENTEUR6400

Et au fait mangera t'il de cette viande venant du mercosur t'elle la question ????

AGREGATS

Macron, le roi de la com..édien..

momo

sur ce , maintenant on a vu qu il a un poule ,comme sont prédécesseur mdr

robin

Macron et Hogan, en voila un beau couple pour massacrer l'agriculture Française, ....mettre des bâtons dans les roues des agri tout en important massivement des produits dont on ne contrôle pas la qualité et les résidus de glyphosates ....

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires