" Macron est complètement à l'Ouest avec le Mercosur "

Raphaël Lecocq

Nicolas Girod, secrétaire national de la Confédération paysanne en charge de l'élevage

La Confédération paysanne digère mal le grand écart transatlantique entre les normes sanitaires du bœuf sud-américain et la montée en gamme prônée en France. Elle dénonce par ailleurs trois manquements majeurs au projet de loi sur l'équilibre des relations commerciales.

A compter du 1er janvier 2022, la restauration collective publique, qui sert la bagatelle de 7,3 milliards de repas chaque année, devra s’approvisionner avec au moins 50 % de produits issus de l’agriculture biologique, locaux ou sous signes de qualité. Pour les 50 % restants et en ce qui concerne la viande bovine, compte-t-elle puiser dans le contingent de bœuf sud-américain en cours de négociation dans le cadre de l’accord de libre-échange avec le Mercosur ? « C’est la question que l’on pose à Emmanuel Macron », déclare Nicolas Girod, secrétaire national de la Confédération paysanne en charge de l’élevage. « Compétitif avec le bœuf brésilien ou argentin, on ne le sera jamais et le président de la République a lui-même affirmé que le combat ne se situait pas là. Il nous faut monter en gamme : banco ! Mais encore faut-il que nos compatriotes consomment ce que l’on produit ».

Relocaliser les outils et l'alimentation

Le syndicat souhaite que le fonds 5 milliards alloué au Grand plan d’investissement serve précisément la transition agricole et la relocalisation de l’alimentation et des outils de transformation sur les territoires, le tout contribuant à créer de l’emploi et à recréer du lien entre les producteurs et les consommateurs. Bienveillante à l’égard des États généraux de l’alimentation, la Confédération paysanne n’y retrouve pas tous ses petits dans le projet de loi qui en découle. « On aurait souhaité l’instauration sinon l’expérimentation d’un seuil de revente à perte à l’échelon du producteur et pas du distributeur », poursuit Nicolas Girod. « Il y a par ailleurs un grand flou en ce qui concerne le périmètre des prix abusivement bas : seront-ils appréciés au niveau des distributeurs, des transformateurs ou des producteurs ? Enfin, il manque selon nous une commission d’arbitrage dotée d’un pouvoir de sanction capable de peser sur la médiation ».

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