Made in viande : la filière joue la transparence

P.Olivieri

Made in viande : la filière joue la transparence
L'objectif principal des Rencontres Made in viande est de renouer le dialogue avec le consommateur.

Vingt-deux portes ouvertes ont été planifiées dans le Cantal pour échanger et “rétablir certaines vérités”

Pourquoi les lobbys anti-viande et écologistes auraient-ils le monopole de la parole sur l’élevage, avec des messages particulièrement virulents et destructeurs par voie  médiatique  pour les producteurs bovins, ovins ou encore équins ? Pour ne pas laisser libre cours à ces attaques, la filière de l’élevage et des viandes, via l’interprofession Interbev, a décidé de lancer une opération inédite cet automne : les  Rencontres “Made in viande”. Pas de grande manifestation au pied de la Tour Eiffel ou sur les Champs-Élysées mais des portes ouvertes du 25 au 31 octobre chez pas moins de 2 500 professionnels qu’ils soient éleveurs, négociants en bestiaux, abatteurs, transformateurs, bouchers,...

Renouer le dialogue

“Il s’agit pour nous de retisser un lien avec les citoyens et les consommateurs via l’organisation d’une semaine de rencontres au cours de laquelle tous les maillons de la filière vont ouvrir leurs portes, présenter leur métier, leurs pratiques, explique Bruno Dufayet, éleveur salers mauriacois et vice-président d’Interbev Auvergne. Nous voulons montrer qu’on est prêts à parler de tout, qu’on n’a rien à cacher.” Rien à cacher mais une passion, des savoir-faire à promouvoir et des messages à faire passer “pour rétablir certaines vérités” comme le rôle positif de l’élevage allaitant à l’herbe dans la captation de carbone, sa contribution à la dynamique rurale et paysagère,... “Je suis convaincu que l’image de l’agriculture et de l’élevage reste relativement positive ; par contre, les questions de nos concitoyens sont de plus en plus précises sur des sujets de société, d’actualité et médiatisés”, estime Bruno Dufayet. Des sujets qui ont le plus souvent trait à l’environnement et au sanitaire  avec  des  questions comme : “Est-ce que l’élevage pollue, y’a-t-il des antibiotiques en élevage, faut-il continuer à manger de la viande ?” Au-delà, la filière veut aussi mettre en avant son poids économique : un demi-million d’emplois directs ou indirects, 28 % de l’effectif salarié de l’industrie agroalimentaire, premier employeur du secteur agricole. Avec des perspectives d’emploi importantes dans un avenir proche : 20 000 emplois seront ainsi à pourvoir d’ici 2018. “On a coutume de dire qu’un éleveur, c’est sept emplois induits, précise le responsable d’Interbev. Dans le Cantal c’est sans doute plus que ça, mais nous n’avons pas de chiffres précis, c’est pourquoi l’interprofession va lancer une étude pour quantifier tout ça.” Retisser des liens avec le grand public mais aussi avec son voisin : “On part faire la promotion de nos produits et de l’élevage à des centaines de kilomètres de chez soi, mais on oublie souvent d’échanger avec nos plus proches voisins”, relève Bruno Dufayet qui se félicite de l’adhésion spontanée de 18 éleveurs cantaliens à cette opération. Preuve que les agriculteurs ont envie et besoin de renouer un dialogue que d’autres ont contribué à distendre dans une société française qui continue à réduire  sa  consommation  de viande rouge.

Un élevage, un thème

En Auvergne, 68 portes ouvertes sont programmées dont 22 pour le seul Cantal. Dans le département, 18 éleveurs se sont portés volontaires, ainsi que le marché au cadran de Mauriac, le lycée agricole d’Aurillac (exploitation et Énilv) et deux boucheries (Lajarrige à Saint-Illide autour du label rouge salers, et Meynier à Aurillac).  Chaque  élevage  a défini une thématique qu’il souhaitait plus particulièrement développer à cette occasion. Au programme de cette semaine “Made in viande” avec visites et dégustations :

- Gaec Charreire à Cussac (bœuf fermier aubrac), - Gilles Amat, Ségur-les-Villas (engraissement et  élevage  à  l’herbe)
- Salers de la Santoire à Dienne (élevage et atelier de transformation),
- Gaec Serre à Champs-sur- Tarentaine    (engraissement),
- Gaec de la Grange neuve à Trizac (salers allaitantes en bâtiment moderne),
- Gaec de Mezensac, Saint- Martin-sous-Vigouroux (race charolaise),
- Laur’highland, découverte de la race highland à Brezons,
- Eugène Juéry/Christian Gendre, à Jabrun (race aubrac et photovoltaïque),
- Gaec Bénézit à Celles (label rouge salers, engraissement et commercialisation de broutards),
- Bruno Dufayet à Mauriac (services environnementaux rendus par l’élevage salers allaitants),
- EARL de Ferluc, à Drugeac (production de viande à l’herbe),
- EARL Fabre - Saint-Cirgues-de-Malbert (élevage salers en bio),
- Jean-Marie Fabre à Saint-Chamant (élevage à l’herbe en label rouge salers),
- Gaec de la Reine des prés, à Saint-Clément (agriculture bio et découpe de viande à la ferme),
- Bernard Ginalhac à Leynhac (label rouge salers),
- Gaec du Petit Bernard à Saint- Constant (engraissement de JB salers et création d’une unité de méthanisation),
- Gaec de Chaubert, Sénezergues (troupeau limousin, entretien du paysage et environnement),
- EARL Salson à Anterrieux (race aubrac, engraissement de génisses et présentation de l’association Estirelle).

(1) 21 kg de viande de bœuf consommée en 2013 par habitant en équivalent carcasse contre 26 kg au début des années 2000.

 

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