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Magazine : La part du colibri” vous ouvre un appétit alternatif

Thierry Guillemot

Magazine : La part du colibri” vous ouvre un appétit alternatif

Ouvert le 5 novembre dernier, “La part du colibri”, restaurant bio sis 51 Quai de Juillet à Caen, poursuit son bonhomme de chemin. Passé le coup de feu des projecteurs médiatiques; il nourrit aussi le débat.

Il a ouvert ses portes et dressé son premier couvert le 5 novembre dernier. Poussé par des vents portants et bercé par un courant de sympathie tendance “Grenelle de l'environnement”, “La part du colibri(1)” a-t-il réussi son envol ?“Les deux premiers mois ont été super. L'effet nouveauté et une certaine curiosité”, analyse Jean-Pierre Picquenot, président de cet espace associatif éco-citoyen. Depuis, il y a eu certes Noël et les soldes mais le soufflé n'est pas retombé. Il est plus prudent de réserver.

Communiquer par le menu

“Nous souhaitons faire partager notre conviction que manger bio, équilibré avec des produits de saison et locaux permet d'apporter un équilibre à l'organisme et ainsi de prévenir certaines maladies, de préserver une économie locale et de retrouver le goût des aliments”. Derrière les fourneaux : Bérénice Dorléans. Madame Communication du GRAB a quitté les dossiers de presse pour enfiler le tablier. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Il s'agit toujours de communication mais cette fois par le menu. Un menu simple issu, cela va de soi, de l'agriculture biologique et du commerce équitable. “La carte est à l'image de la production locale et varie au rythme des saisons”. Bérénice puise dans son carnet d'adresses pour s'approvisionner. Elle fait également son marché.Et si les usagers de la Maison de la Solidarité Internationale et de l'Economie Solidaire et les aficionados de l'AB constituent le fonds de commerce de ce restaurant, habitants et travailleurs locaux sont les bienvenus. “La part du colibri” n'est pas un ghetto qui souhaite se sanctuariser. Ici, c'est la carte de l'ouverture qu'on joue avec pignon sur rue.

Lire aussi et se parler

Mais le lieu n'est pas qu'un restaurant et un salon de thé. “La part du colibri” est aussi une librairie spécialisée. “Aujourd'hui dans l'agglomération caennaise, il est difficile de trouver des livres et des revues sur les grands enjeux écologiques, économiques et sociétaires, justifie Marie-Christine Le Gal. Bien que les interrogations du public soient fortes, de nombreux titres ne peuvent s'acquérir que sur commande. C'est pourquoi nous souhaitons développer ce secteur et devenir une référence en la matière”. Au restaurant et à la librairie, vient se greffer un lieu d'animations, de débats et d'échanges. Le 15 janvier dernier, on y a débattu autour de cette question : “l'agriculture biologique peut-elle nourrir le monde ?”.
Le covoiturage, les araignées de nos maisons, le logement d'urgence, l'écocitoyenneté et l'écoconstruction ont également eu droit au chapitre, ça se passe tous les mardis à 20 h 15. L'entrée est libre (consommation souhaitée). Possibilité de grignoter sur place avant!
th. Guillemot
(1): outre “La part du colibri”, cette maison regroupe un collectif de 8 associations : ARDES, CITIM, SENOIS, Demosthene, ASTI 14, ARPE, EcoMobile.

Le “ni ni” de Jean-Pierre Picquenot

Directeur du GRAB (Groupement Régional d'Agriculture Biologique), Jean-Pierre Picquenot est avec Marie-Christine Le Gal, l'initiateur de ce projet. “Ici on innove, assure-t-il en pesant ses mots. Mais il se lâche très vite. Je suis président, j'ai le droit dans ce cadre de faire de la politique. Ce que l'on défend? Une agriculture plus locale, une agriculture de proximité, employeur de plus de main-d'oeuvre”.Mais “La part du colibri” n'est pas une équation simple. “Nous sommes toujours dans la dualité : ni un resto du coeur, ni une cantoche, ni un restaurant gastronomique, ni une table haut de gamme.” Jean-Pierre Picquenot, avec un rôle d'animateur et surtout pas de directeur d'une entreprise dont la finalité serait de gagner de l'argent, veille donc au quotidien à la cohérence du projet. “Le premier jour, j'ai embrassé tout le monde, se souvient-il. C'étaient des actifs du réseau. Aujourd'hui, nous accueillons aussi des gens qui travaillent dans des bureaux et qui veulent se faire plaisir une fois de temps en temps”. Un gage de pérennité. Une pérennité qui passe aussi par des chemins de traverse comme celui de devenir le traiteur d'associations satellites. C'est déjà parti : “on a besoin de tout cela!”

TG

TG

 

Pourquoi “La part du colibri”

Le nom de l'association a été choisi en référence à un conte amérindien raconté par Pierre Rabhi(1) . “Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part.”
(1): Pierre Rabhi est un agriculteur, écrivain et penseur français, aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire. Il a participé à l'élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

Pratique


51 Quai de Juillet
Caen lapartducolibri@yahoo.fr
02 31 52 44 87 ou 02 31 34 35 59
Horaires d'ouverture :
Restaurant : le midi du lundi au vendredi à partir de 12h
Salon de thé
Lundi : 14h-18h
Mardi : 14h-20h
Mercredi : 14h-20h
Vendredi : 14h-18h

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Source Réussir l'Agriculteur Normand

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