Maïs ensilage : Épis moyennement remplis

Guillaume de Werbier

Avec les chaleurs de début août, le maïs s’est rapidement desséché. Le grain n’a pas toujours pu atteindre la maturité. Sa valeur alimentaire s’en verra pénalisée.
Avec les chaleurs de début août, le maïs s’est rapidement desséché. Le grain n’a pas toujours pu atteindre la maturité. Sa valeur alimentaire s’en verra pénalisée.

Les premières récoltes de maïs ensilage ont commencé dans le département, pour les semis les plus précoces. Suivi d’un chantier à Mouais.

Mardi en début d’après-midi, la valse des re-morques commençait dans la cours de ferme du Gaec de la Place à Mouais, exploitation en production laitière et porcine. Tandis que le télescopique tassait l’ensilage et que le silo couloir se remplissait, l’ensileuse 8 rangs John Deere, de l’ETA Roussel, basée à Derval, progressait méthodiquement dans une parcelle située à quelques encablures de là, à un rythme soutenu. Elle avalera 6 ha de maïs dans la journée (deux parcelles de maïs sous plastique).

« Maïs mal fini »

« Le maïs a été mal fini », analyse Bernard Melot, du Gaec de la Place, en regardant les épis encore sur pied dans la parcelle en train d’être ensilée. « Le temps chaud de début août et le vent l’ont terminé brutalement. Ici, je trouve que le maïs est clair. Je l’ai semé le lundi de Pâques et le samedi d’avant. Le lendemain, il pleuvait. Je pense faire du 10 t / ha alors qu’habituellement je suis plus autour de 12 – 13 t / ha. Je pense que je vais être à 35 % de matière sèche. La conservation va être à surveiller. »

Malgré tout, un collègue, au volant de son tracteur, venu prêter main-forte aux deux associés du Gaec, assure que « le maïs est bien », avant de préciser : « il était temps de passer ! ». Cette première parcelle ensilée, en pente, présente dans sa partie supérieure, sur un sol schisteux, un maïs plutôt sec, et dans sa partie inférieure un maïs encore vert. « On retrouve ce schéma dans bien d’autres parcelles du secteur. Mais ce mélange de sec et moins sec va apporter un ensilage de qualité. »
« Le maïs est correct », note pour sa part, Laurent Ménager, éleveur voisin. Mais il a eu chaud. L’expression est à prendre au sens propre et au sens figuré. « Depuis les semis et jusqu’à fin juillet, le maïs a eu beaucoup d’eau. Début août, les fortes chaleurs l’ont surpris. La plante n’était pas habituée à aller chercher de l’eau en profondeur. La chaleur et le vent ont empêché le grain de bien mûrir. Pour les derniers maïs semés, les épis ne sont pas remplis comme il faudrait. »
Laurent Ménager a ensilé 13 ha de maïs sous plastique jeudi dernier. Ils ont été semés tout début avril. « On a un sol assez séchant sur schiste. Pour moi, le semis sous plastique est une sécurité », explique l’éleveur.
En début de semaine, il avait apporté six brins de maïs entiers à la Ferme expérimentale de Derval pour une mise à l’étuve pendant 24 heures. Après analyse, un échantillon se révélait être à 44 % et un second à 33 %, photographie du stade du maïs selon l’endroit où il avait été pris dans la parcelle. « Ça fait une moyenne autour de 37 %. Il faut ramener ce chiffre à 36 % après récolte. » Jeudi, il était temps de faire entrer l’ensileuse dans la parcelle.
Laurent Ménager mise sur un rendement moyen autour de 13 t / ha pour ses parcelles. « Pour couvrir les frais supplémentaires liés aux semis sous plastique, il faut sortir un rendement tournant autour de 15 t / ha. »
L’éleveur pense que par rapport à l’année dernière, le maïs sera moins riche, car les grains sont moins nombreux. « On aura un fourrage de qualité moyenne, donc il faudra compléter en énergie. Personnellement, je vais commander du corn gluten. »

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