Maladies réglementées et émergentes : une situation globalement très bonne en France

Dr Didier GUERIN

Maladies réglementées et émergentes : une situation globalement très bonne en France

Bilan 2012 des maladies animales réglementées et émergentes (MRE) => Le dernier bulletin épidémiologie « Santé animale-alimentation » présente le bilan 2012 de la surveillance des principales MRE. 

Bulletin épidémiologie – Santé animale-alimentation n° 59

Maladies réglementées et émergentes : une situation globalement très bonne en France

Le numéro 59 du Bulletin épidémiologie – Santéanimale-alimentation présente le bilan annuel 2012 de la surveillancedes principales maladies réglementées et émergentes : tuberculose bovine, brucellose bovine, ovineet caprine, leucose bovine enzootique, ESB, tremblante, IBR, varron, FCO, SBV,brucellose porcine, maladie d’Aujeszky, pestes porcines, Influenza aviaireet maladie de Newcastle, salmonelles chez les volailles, anémie infectieuse deséquidés, maladies des poissons, maladies et troubles des abeilles. Vouspouvez consulter la totalité du dossier à l’adresse suivante : http://www.ansespro.fr/bulletin-epidemiologique/.

 

Maladies réglementées et émergentes : une situation globalement très bonne en France

En décembre 2013,dans leur numéro spécial du Bulletin épidémiologie – Santéanimale-alimentation, l’ANSES et la DGAL présentent le bilan annuel 2012 dela surveillance des principales MRE. Sont exposés dans cet article les pointsprincipaux pour les maladies les plus représentatives nous concernant.

Tuberculose bovine : des signaux favorables mais unesituation toujours complexe dans certaines zones

La situation de la tuberculose bovine en 2012 en France continue d’êtrecontrastée. A l’échelle du pays, la situation est globalement très favorable,la prévalence troupeau est inférieure à 0,1 % et l’incidence n’augmente pas.Toutefois, l’éradication de la maladie dans certaines zones à risque estcomplexe et lente, d’autant plus lorsque la faune sauvage est égalementinfectée. Les actions de sensibilisation des différents acteurs conduisent àaugmenter la sensibilité globale du dispositif nécessaire pour détecter lesfoyers le plus précocement possible. En relation avec la DDCSPP, un prochainarticle fera un point détaillé sur cette maladie et les dispositifs desurveillance et de lutte disponibles.

 

Deux cas de brucellose bovine appellent à la vigilanceavec une surveillance des avortements àaméliorer

La France est reconnue officiellement indemne de brucellose bovine par laCommission européenne depuis 2005. Deux foyers de brucellose bovine ont étéconfirmés en 2012, alors qu’aucun cas n’avait été rapporté depuis 2003. Lepremier foyer situé dans la région Nord-Pas-de-Calais, a eu pour originel’introduction d’un bovin issu d’un foyer en Belgique. La maladie ne s’est paspropagée. Le second foyer français a été confirmé dans une exploitationlaitière de Haute-Savoie suite à un diagnostic conduit après un avortement. Ce foyerisolé est très probablement dû à un réservoir sauvage local, silencieuxjusqu’alors (population de bouquetins). Ces cas démontrent l’importance dumaintien du dispositif de surveillance, fondé sur le dépistage sérologiqueannuel dans les troupeaux et sur la surveillance des avortements avec une attentionà garder au plan national.

Aucun foyer de brucellose ovine et caprine détecté maisune vigilance à maintenir

La France n’a pas connu de foyer de brucellose ovine et caprine depuis2003 et la vaccination contre la maladie n’est plus pratiquée depuis 2008. En 2012,64 départements étaient reconnus officiellement indemnes par la Commissioneuropéenne. La surveillance, fondée sur un dépistage sérologique dans les troupeaux(surveillance active) et sur la surveillance des avortements (surveillanceévénementielle), vise à détecter une réintroduction de l’infection. Ellecontribue, avec la police sanitaire, à maintenir le statut indemne (pour lesdépartements reconnus comme tels) et à l’étendre à l’ensemble du territoirenational. La réalisation de la surveillance sérologique est satisfaisante maisla surveillance des avortements est insuffisante et mérite d’être réactivée.

 

Encéphalopathie spongiforme bovine en 2012 : aucun casd’ESB classique identifié pour la première fois depuis le début de lasurveillance active en France

En 2012, un seul cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) atypiquea été détecté parmi les 313.216 animaux prélevés à l’équarrissage, portant à 28le nombre total de cas d’ESB atypiques identifiés en France depuis 1990. Les937.725 animaux testés dans le cadre du programme en abattoir étaient tousnégatifs pour la recherche d’ESB. Pour la première fois depuis le début de lasurveillance active en 2000, aucun cas d’ESB classique n’a été identifié aucours de l’année.

Encéphalopathies spongiformes des petits ruminants : lestremblantes classique et atypique se maintiennent à un niveau très faible

En 2012, 66.379 caprins et 52.911 ovins ont été testés à l’abattoir et àl’équarrissage pour la recherche d’encéphalopathies spongiformes transmissibles: 22 cas de tremblante atypique ovine ont été détectés contre cinq chez lescaprins. Seuls deux cas de tremblante classique ovine et deux cas de tremblanteclassique caprine ont été détectés. Le bilan de cette surveillance depuis 2002montre une diminution de la prévalence de la tremblante classique chez lesovins et les caprins et, de manière inattendue, une diminution de la prévalencede la tremblante atypique chez les ovins.

 

L’IBR : une démarche de qualification toujours enprogression

La campagne 2011/2012 de surveillance de l’IBR se termine sur un taux deprévalence national de 10,7 %, et un taux d’incidence de 1,95 %, enaugmentation par rapport aux années précédentes. Les situations sont trèsvariables selon les départements, les types de production, les particularitésrégionales sur le plan des pratiques d’élevage et selon l’intérêt historiqueporté à l’IBR dans certaines régions. Le taux national de qualification s’élèveà 62 %, en hausse de deux points par rapport à la campagne précédente. L’IBRdonnant lieu à des demandes de garanties additionnelles dans le cadre deséchanges au sein de la Communauté européenne, des démarches ont été entreprisespour faire reconnaître au niveau européen le programme français decertification IBR.

FCO : la France continentale déclarée indemne le 14décembre 2012

La fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparue dans le nord de la France àla fin d’année 2006 puis s’est rapidement propagée sur l’ensemble du territoirejusqu’à infecter plus de 30.000 élevages français en 2008. Depuis, l’ensemblede la France continentale était identifiée comme une zone unique de protectionvis-à-vis des sérotypes 1 et 8 considérés comme endémiques. Après les campagnesde vaccination obligatoires (2008-2010) puis volontaires (2010-2012), le nombrede foyers a été drastiquement réduit. En 2012, les dispositifs de surveillanceévénementielle et programmée ont permis de démontrer pour la deuxième annéeconsécutive l’absence de circulation virale sur l’ensemble du territoire continental.Le dernier foyer de FCO ayant été détecté en juin 2010, les autoritésfrançaises ont pu déclarer, conformément à la réglementation européenne, leterritoire continental indemne de FCO le 14 décembre 2012.

 

Une situation sanitaire de la France globalement trèsbonne, une vigilance qui doit rester de mise

Ce bilan 2012,reposant sur des dispositifs de surveillance variés, rapporte une situationsanitaire de la France globalement très bonne. Il est néanmoins fondamental derappeler que la vigilance reste de mise et doit être encouragée d’autant pluslorsque la faune sauvage est infectée, comme l’illustrent la lenteur et lacomplexité de l’éradication de la tuberculose dans certaines zones à risque ouencore la présence de brucellose dans la faune sauvage identifiée en 2012.

 

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