Manifestation des agriculteurs : Près de 1.300 tracteurs déferlent sur Paris

B.BOUCHOT d'après AFP

Plusieurs milliers d'agriculteurs, en majorité des céréaliers, sont arrivés à Paris, juchés sur près de 1.300 tracteurs, décidés à interpeller le président Nicolas Sarkozy sur la baisse de leurs revenus et leurs craintes pour l'avenir de la Politique agricole commune (PAC).

Organisation de la manifestation

Les tracteurs, qui doivent effectuer une boucle entre les places de Nation, République et Bastille, ont rejoint des centaines d'agriculteurs à pied déjà regroupés place de la République. Selon la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), entre 9.500 et 10.200 agriculteurs se sont également rendus vers la capitale en bus. Placés en files indiennes et encadrés par des motards de la police, les convois s'étiraient ce matin sur des kilomètres sur les autoroutes autour de la capitale, arborant des panneaux où était écrit « Détresse agricole », « Agriculteurs en colère » ou encore « Tous à Paris ».

Les attentes des manifestants

« Il faut une volonté politique claire de soutenir le monde agricole comme a fait l'Allemagne qui a développé son agriculture et qui est en train de devenir le premier pays agricole européen », plaide Christophe Paulin, de la FDSEA du Pas-de-Calais. « Il faut alléger les lourdeurs administratives pour permettre d'être compétitifs avec les voisins allemands et belges » et profiter des nouvelles technologies, estime-t-il. « On est dans une situation dramatique, où les cours ne remontent pas et où de nouvelles charges franco-françaises s'accumulent, la situation devient intenable », affirme aussi Christophe Derycke, de la FDSEA de Seine-et-Marne.

Les manifestants entendent peser sur les pouvoirs publics pour qu'ils défendent à Bruxelles une PAC qui, jusqu'à présent, leur a été favorable mais exigent aussi des mesures « immédiates » de soutien du gouvernement français. En 2009, la filière a vu ses revenus baisser de 51% dans le sillage des cours des céréales (-24%), après l'envolée de 2007 et 2008. Selon M. Le Maire, plus de 20.000 exploitants agricoles bénéficient du RSA (revenu de solidarité active).

Photos E.Proffit

Photos E.Proffit

 

Le point de vue du ministre de l'Agriculture

Reconnaissant une situation « terriblement difficile », le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a estimé que la crise actuelle n'était « pas la énième crise conjoncturelle. C'est un moment de rupture dans l'histoire agricole française et européenne ». « Nous entrons dans un nouveau monde agricole », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'une « régulation très forte » des marchés pour contrer la volatilité des prix et éviter la « destruction de milliers d'exploitations » en France et en Europe.

En attendant, M. Le Maire demande « que la Commission européenne intervienne davantage sur les marchés pour dégager les stocks de céréales » et « faire remonter les prix » dans ce secteur « stratégique ».

Source AFP

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