Manifestation des viticulteurs à Montpellier : Nous sommes ruinés mais nous sommes encore debout»

A Montpellier, plusieurs milliers de viticulteurs défilent pour crier leur angoisse face à la crise qui touche leur secteur depuis plusieurs années, et réclamer des aides au gouvernement.

Devant la foule, Philippe Vergnes, le président du Syndicat des Vignerons du Midi, organisateur de la manifestation, n'y va pas par quatre chemins: « nous sommes économiquement morts», lance-t-il. «Depuis 2004, la viticulture traverse la crise la plus terrible de son histoire », assure-t-il lors d'une prise de parole. «Les vignerons sont dans le désarroi le plus total », ils se sentent «abandonnés, sans perspective d'avenir».

Devant l'estrade , un cercueil où est disposée une couronne mortuaire: «Ci gît le dernier vigneron» peut-on lire sur une plaque symbolique. Tout autour, une foule d'hommes et de femmes venus des six départements où le Syndicat des Vignerons du Midi compte des adhérents - Aude, Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales, Drôme et Vaucluse - mais aussi du Beaujolais ou du Bordelais.

Ici ou là, on reconnaît des maires, des conseillers municipaux ceints de leurs écharpes, des députés ou sénateurs de toutes tendances politiques. Des pancartes sont brandies, proclamant «Viticulture ruinée», ou «On veut vivre de notre métier». Selon Philippe Verges, les viticulteurs perdent environ 1.000 euros par hectare et par an. Il pointe la chute spectaculaire des revenus entre 2008 et 2007: -88% dans l'Aude, -76% dans le Gard, -85% dans l'Hérault...


« Il ne faudra pas s'étonner si certains vignerons se révoltent... »

«Aujourd'hui, les vignerons doivent de l'argent partout : à la mutualité sociale agricole, aux banques et aux fournisseurs», a-t-il commenté, avant que le cortège ne s'ébranle - sous très haute surveillance - dans les rues de Montpellier.

M. Vergnes s'est adressé au président de la République: «Nous attendons de vous que vous preniez la mesure de l'asphyxie économique qui étouffe les viticulteurs», a-t-il dit. «Il ne faudra pas s'étonner si certains vignerons se révoltent ou se laissent aller à la désespérance», a mis en garde M. Vergnes. Devant l'urgence de la situation, il réclame «des réponses appropriées et immédiates» notamment que les vignerons puissent bénéficier des « aides à l'hectare» attribuées aux agriculteurs dans le cadre de la Politique agricole commune.

Pour lui, il est aussi indispensable que la grande distribution partage les marges qu'elle réalise sur le vin. M. Vergnes a exigé que la grande distribution «lâche 15 centimes par bouteille», au bénéfice des viticulteurs. «Ayez le courage d'intervenir», a-t-il lancé à l'attention de Nicolas Sarkozy.

Parmi les revendications du Syndicat des Vignerons du Midi figurent également le dégrèvement des taxes foncières, un allègement des cotisations sociales, et des mesures concernant l'assurance maladie.


Source d'après AFP

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