Marais poitevin : Accepter un mitage du marais : c'est exclu !»

vendée agricole

La relance du projet de reconquête de 10 000 ha de prairie dans le marais Poitevin est bien trop flou, selon Serge Gelot, membre de la chambre d'agriculture. Interview

On parle de 10 000 hectares de prairies à reconquérir dans le marais Poitevin. Qu'en est-il ?

La première motivation de ce projet selon le président du Parc, est l'obligation faite à l'Etat français de mettre en oeuvre le plan signé par Jean-Pierre Raffarin en 2003 visant à reconquérir 10 000 hectares de prairies selon les exigences européennes.
Jusqu'à aujourd'hui ce plan a eu très peu de traduction concrète sur le terrain. C'est pourquoi le Parc et les régions Pays de la Loire et Poitou-Charentes ont sollicité la SAFER pour la conclusion d'une convention permettant « d'organiser » les interventions foncières allant dans le sens du transfert de terres cultivées vers les prairies.

Quelle est la position professionnelle à son sujet ?

Ce projet de « reconquête » dont le Parc interrégional serait le maître d'oeuvre suscite toujours de fortes interrogations. Quel secteur ? Quel périmètre ? Quelles priorités géographiques ? Quelle concertation avec la profession ? Quels moyens financiers ? Quelle crédibilité pour le parc à acquérir des terres ? Et à quelles fins économiques ? Avant de parler de reconquête, il faut déjà penser au maintien de l'élevage sur les prairies existantes, ce qui n'est pas acquis ! FDSEA, JA et chambres d'agriculture des trois départements venons de rencontrer MM. Hélary, président du parc interrégional, et Morin, vice-président du conseil régional Poitou-Charentes afin de leur poser nos interrogations.

Que retenez-vous de cet échange ?

Nous avons demandé qu'une réflexion pour un cadrage préalable soit menée autour de plusieurs problématiques de fond : la localisation des zones à fort enjeu environnemental (tourbières, roselières, friches…) ; l'accompagnement des éleveurs jusqu'au financement de bâtiments aux normes et de l'habitation afin de conserver une dynamique économique dans ce territoire ;et la définition en amont des conditions de préemption et de réattribution des terres afin d'éviter la surenchère sur le prix des terres. Il est exclu d'accepter un « mitage » de 10 000 ha sur l'ensemble du territoire du marais.
Le président du Parc s'est engagé à différer la signature de toute convention avec la SAFER Poitou-Charentes et à mener une concertation préalable approfondie avec la profession agricole, mais restons vigilants.

Source vendée agricole

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